Author: Gabriel Montaut

  • L’Iran balaie les annonces de Trump : « des fantasmes » et rien de plus

    Démenti cinglant depuis Téhéran. L’Iran vient de rejeter en bloc les dernières affirmations de Donald Trump relayées par le New York Post, les qualifiant de « fantasmes de Trump » et de propos « totalement déconnectés de la réalité », rapporte l’agence Tasnim. De quoi doucher tout espoir d’apaisement dans un bras de fer qui pèse, semaine après semaine, sur les marchés.

    Téhéran dément point par point

    La République islamique conteste chacune des assertions américaines. Selon Tasnim, l’Iran nie avoir échangé avec les États-Unis ces derniers jours. Il dément que Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême, soit impliqué dans de quelconques négociations. Il rejette avoir accepté de renoncer à l’arme nucléaire. Et il conteste qu’un cadre d’accord soit en cours de validation côté iranien.

    En clair, Téhéran efface l’intégralité du tableau dressé par Washington. Le message est sans ambiguïté : aucune réponse n’a été transmise aux Américains concernant le projet de mémorandum d’entente ces derniers jours.

    Le Liban comme verrou

    L’Iran va plus loin. Selon la même source, Téhéran a mis fin à tout échange de textes et de communications avec Washington, et ce jusqu’à ce que ses conditions concernant le Liban soient satisfaites. Un préalable posé comme une ligne rouge, qui referme la porte diplomatique entrouverte par les déclarations américaines.

    La rupture confirme la trajectoire que nous suivions dès le 1er juin, quand Téhéran avait acté la fin des négociations avec les États-Unis et menacé de bloquer le détroit d’Hormuz. Entre les déclarations contradictoires des deux camps et la « décision finale » que Donald Trump préparait fin mai, le feuilleton n’a cessé d’alterner les signaux d’escalade et les promesses d’accord.

    Un brouillard qui colle aux marchés

    Pour les investisseurs, ce nouveau démenti relance l’incertitude. Chaque annonce d’apaisement venue de Washington a été suivie d’un retour de bâton iranien, et le Bitcoin a déjà payé l’addition en glissant sous les 70 000 dollars au moment de la rupture des négociations. Difficile, dans ces conditions, de distinguer le signal du bruit quand les deux capitales racontent des histoires diamétralement opposées.

    Reste à savoir laquelle des deux versions colle à la réalité du terrain. Téhéran parle de « fantasmes », Washington évoque un cadre d’accord en bonne voie. Entre les deux, le marché retient son souffle.

  • Bitcoin : pour Citi, l’absence d’acheteurs pèse plus lourd que la vente de Strategy

    La vente de Saylor a fait trembler le marché. Mais le vrai problème est ailleurs.

    Cette semaine, Strategy (MSTR) a secoué le marché en révélant la cession d’une petite partie de son trésor en bitcoins. Une rupture rare avec la doctrine du buy and hold chère à Michael Saylor, qui a immédiatement réveillé une crainte chez les investisseurs : et si l’un des plus gros soutiens corporate du BTC basculait du côté des vendeurs ?

    Citi calme le jeu. Pour la banque américaine, cette vente ne change rien à la stratégie de long terme de l’entreprise. Et surtout, elle masque un problème autrement plus sérieux pour le cours du Bitcoin.

    Une vente attendue, pas un revirement

    L’opération n’a rien d’une surprise pour Citi. Strategy avait signalé son intention de se séparer de certains bitcoins fiscalement désavantageux lors de sa conférence sur les résultats du premier trimestre, dans le cadre d’un effort d’optimisation de portefeuille.

    Autrement dit, du ménage fiscal planifié, pas une volte-face. La nuance compte, car la nouvelle a malgré tout pesé sur le sentiment de marché et poussé le BTC vers le bas, l’actif s’échangeant autour de 67 200 dollars au moment de la publication du rapport.

    Cette lecture prolonge ce que nous suivons depuis le printemps. Après le revirement historique de Michael Saylor, qui s’était dit prêt à vendre pour honorer les dividendes du STRC, la première cession effective depuis des années n’est que la suite logique d’un cap déjà annoncé.

    Le vrai signal : les flux des ETF

    L’analyste Alex Saunders, signataire du rapport de mardi, continue de voir dans les flux des ETF Bitcoin au comptant le moteur principal du cours. Selon ses estimations, ils expliquent environ 45 % de la variation hebdomadaire des rendements du BTC.

    Or ces flux sont récemment passés en territoire négatif. Pour Citi, c’est là le signe d’un manque de demande des investisseurs, bien plus parlant que les mouvements des sociétés de trésorerie numérique.

    « Les flux récents ont été négatifs, et les chances de voir passer un projet de loi sur la structure de marché aux États-Unis, un potentiel catalyseur pour un regain d’intérêt des investisseurs selon nous, s’amenuisent. »

    La banque écarte donc la piste d’une pression vendeuse venue des trésoreries d’entreprise. Les ETF restent à ses yeux la mesure la plus claire et la plus fréquente de l’appétit réel du marché. Et cette mesure clignote rouge.

    Pas de catalyseur législatif en vue

    Reste la question d’un déclencheur capable de ramener des acheteurs frais. Citi se montre peu optimiste : les chances de voir adopter cette année une loi américaine sur la structure du marché crypto semblent décliner.

    Sans ce coup de pouce réglementaire, et avec un Bitcoin qui sous-performe les actions, le sentiment devrait rester atone. À moins d’un retour des inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire, capable de relancer la thèse du BTC comme valeur refuge.

    Le paradoxe est entier. Strategy, qui a passé l’année à solidifier son bilan et à empiler les bitcoins, se retrouve désigné coupable d’une faiblesse dont la cause se trouve, selon Citi, du côté des investisseurs absents. Ceux-là mêmes que les ETF étaient censés attirer.

  • Claude

    Récap du Coin du 29 avril : SBF acculé, le Canada serre la vis, Pump.fun brûle 370 millions

    Mauvaise journée pour les marchands de promesses. Le juge Kaplan déchire la dernière demande de nouveau procès de Sam Bankman-Fried, Ottawa annonce la mise au rebut des distributeurs crypto, Wall Street prépare l’arrivée d’ETF qui parient sur les élections, et le launchpad memecoin Pump.fun fait flamber un tiers de son token pour tenter de regagner la confiance de sa communauté. Tour d’horizon.

    SBF débouté : le juge Kaplan claque la porte

    Le juge Lewis Kaplan, qui avait condamné Sam Bankman-Fried (SBF) à 25 ans de prison en mars 2024, a rejeté ce 28 avril sa demande de nouveau procès déposée pro se (sans avocat). Le magistrat qualifie les arguments de l’ancien patron de FTX de « baseless on multiple independently sufficient levels » et de « wildly conspiratorial ». SBF prétendait s’appuyer sur trois témoins inédits, dont l’ex-cadre de FTX Ryan Salame, dont la déposition aurait justifié un nouveau procès. Le tribunal a constaté que les trois individus étaient connus de la défense bien avant l’audience initiale.

    Le détail qui plombe : avant même son inculpation en 2022, SBF avait rédigé un document interne, depuis versé au dossier, listant les étapes d’une campagne de réhabilitation médiatique (passage chez Tucker Carlson, virage politique à droite, récit d’une « liquidité cachée » qui aurait permis de rembourser les victimes). Le juge a reconnu, point par point, le scénario écrit en 2022 dans la requête déposée en 2026. Le plan était si soigneusement écrit qu’il finit par servir de pièce à charge contre son auteur. SBF a tenté en dernière minute de retirer sa demande « sans préjudice » pour la redéposer plus tard devant un autre juge ; refus. Sa mère Barbara Fried, professeure de droit retraitée, a reconnu avoir relu et imprimé le document. Reste l’appel pendant devant la Second Circuit, dont l’issue est jugée peu favorable par les observateurs.

    Canada : adieu les ATM crypto, taux directeur figé à 2,25 %

    Ottawa a annoncé ce 28 avril, dans sa mise à jour économique de printemps 2026, son intention d’interdire les distributeurs automatiques de cryptomonnaies sur l’ensemble du territoire. Le gouvernement décrit ces machines comme « une méthode privilégiée pour les escrocs qui veulent dépouiller leurs victimes et pour les criminels qui veulent placer le produit de leurs activités ». Le Canada compte près de 4 000 de ces kiosques, soit 10,1 % du parc mondial selon Coin ATM Radar. Une analyse interne de FINTRAC, l’agence canadienne de renseignement financier, identifie ces machines comme le principal vecteur de transfert des fonds extorqués aux victimes vers les wallets crypto. Les pertes liées à la fraude au Canada ont dépassé 704 millions de dollars en 2025, soit plus de 2,4 milliards cumulés depuis 2022. Les Canadiens conserveront la possibilité d’acheter des cryptomonnaies via les bureaux de change physiques régulés.

    Détail savoureux pour les amateurs de boucles : le tout premier ATM Bitcoin au monde avait été inauguré dans un coffee shop de Vancouver en 2013. Treize ans plus tard, le pays qui en avait lancé l’idée s’apprête à les éteindre. Dans le même mouvement, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour la troisième fois en 2026, invoquant la guerre en Iran et l’incertitude liée aux tarifs douaniers américains.

    Wall Street ouvre le pari électoral aux comptes retraite

    Roundhill Investments a déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) une notification fixant au 5 mai la date effective de lancement de six ETF adossés à des marchés de prédiction politiques. Les produits suivront, via swaps, des contrats binaires régulés par la CFTC (le régulateur américain des dérivés financiers), qui paient 1 dollar si l’événement se réalise, 0 sinon. Les codes BLUP, REDP, BLUS, REDS, BLUH et REDH couvrent respectivement la victoire démocrate ou républicaine à la Maison-Blanche en 2028, ainsi que le contrôle de la Chambre et du Sénat après les midterms du 3 novembre 2026. Bitwise et GraniteShares ont déposé des dossiers similaires.

    Le prospectus est explicite, en majuscules : si le parti ciblé perd, « le fonds perdra la quasi-totalité de sa valeur ». Roundhill ne liquide pas ses fonds après le scrutin ; passé un seuil de prix, il bascule l’exposition sur le cycle suivant. Concrètement, un Américain pourra placer son IRA ou son 401(k) sur la victoire des Républicains à la Maison-Blanche en 2028 depuis son compte courtier classique, sans passer par Polymarket ni Kalshi. On serait presque tenté de filer la métaphore du casino, à ceci près que le casino, lui, ne loge pas dans le plan d’épargne retraite des ménages. La SEC, qui avait longtemps freiné les marchés de prédiction, valide.

    Pump.fun brûle 370 millions de dollars en PUMP

    Le launchpad memecoin Solana Pump.fun a annoncé ce 28 avril la destruction de l’intégralité des tokens PUMP rachetés sur les neuf derniers mois, soit environ 370 millions de dollars en valeur, ou 36 % de l’offre en circulation. La plateforme a parallèlement engagé un mécanisme programmatique de buyback and burn financé par 50 % du revenu net pendant un an, exécuté via un smart contract verrouillé. Les 50 % restants iront à l’opérationnel, l’embauche, le marketing et d’éventuelles acquisitions.

    Le co-fondateur Alon Cohen reconnaît dans sa publication sur X que le précédent modèle, qui consacrait 100 % du chiffre d’affaires aux rachats sans brûler immédiatement les tokens, avait nourri une défiance dans la communauté quant à la longévité de la plateforme et à l’usage des tokens rachetés. Le revenu cumulé de Pump.fun depuis janvier 2024 a dépassé le milliard de dollars selon DefiLlama, mais l’annualisation 2026 plafonne autour de 320 millions, soit nettement moins que le pic de 2025. La mécanique est plus serrée que l’effet d’annonce : 50 % d’un revenu en baisse produit moins de burn que 100 % d’un revenu au sommet. Le token PUMP gagne tout de même environ 7 % dans les vingt-quatre heures suivant l’annonce, avant de retracer.

  • Claude

    Récap crypto : Bercy recule sur les wallets, Pyongyang rafle les hacks

    Bercy desserre l’étau, Pyongyang frappe au record. À ce duo d’ouverture s’ajoutent une BCE figée pour la septième fois, une Stripe en pleine offensive stablecoin et une attaque frontale sur Polymarket et Kalshi : la journée du 30 avril 2026 a été chargée.

    France : les wallets self-custody échappent à la déclaration annuelle

    Petit ouf de soulagement pour les détenteurs français de Bitcoin en cold storage. Le 28 avril 2026, la commission mixte paritaire (CMP, l’instance qui réunit députés et sénateurs pour trouver un compromis sur un texte de loi) a écarté l’article 3 quater du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales. Cet article, adopté à l’Assemblée nationale le 9 décembre 2025, voulait obliger tout détenteur de wallet auto-hébergé à déclarer chaque année à l’administration fiscale la valeur de son portefeuille dès que le seuil de 5 000 euros était franchi.

    L’idée avait suscité une opposition massive dans le milieu crypto, l’ADAN (Association pour le développement des actifs numériques) en première ligne. Au-delà de l’aspect bureaucratique, c’est l’argument sécuritaire qui a fini par peser : un fichier centralisé recensant nominativement les détenteurs solvables aurait constitué une cible idéale pour les réseaux qui multiplient les agressions physiques contre les profils crypto en France. La directive européenne DAC 8, qui automatise dès 2026 l’échange d’informations entre administrations fiscales sur les transactions passant par les plateformes régulées, rendait au passage la mesure largement redondante.

    Les votes définitifs des deux chambres sont attendus début mai. Le scénario d’une obligation déclarative spécifique aux wallets privés s’éloigne donc, sans que le dossier soit pour autant définitivement enterré : l’AMLA (Anti-Money Laundering Authority) européenne pourrait relancer le débat à l’échelle communautaire. Le JDC est revenu en détail sur les implications pour les détenteurs.

    BCE : taux maintenus, sept fois de suite

    À Francfort, on temporise. Le 30 avril, le Conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu ses trois taux directeurs inchangés pour la septième réunion consécutive : taux de dépôt à 2,00 %, taux de refinancement à 2,15 %, taux marginal de prêt à 2,40 %. Christine Lagarde a précisé que la décision avait été prise à l’unanimité, mais que toutes les options, y compris une hausse, avaient été débattues.

    La donne est inhabituelle : inflation à 3 % en avril dans la zone euro, croissance du PIB à 0,1 % au premier trimestre, et un conflit au Moyen-Orient qui maintient les prix de l’énergie sous tension. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 75 % d’une hausse de taux en juin, pas d’une baisse. Stagflation à l’horizon, et une banque centrale qui marche sur la corde raide.

    Corée du Nord : 577 millions volés en quatre mois, 76 % des pertes mondiales

    Le rapport publié par TRM Labs est sans ambiguïté : 76 % des pertes liées aux hacks crypto sur les quatre premiers mois de 2026 sont attribuables à des groupes liés à la Corée du Nord. Soit environ 577 millions de dollars dérobés. La part de Pyongyang dans le vol crypto mondial est passée de moins de 10 % en 2020-2021 à 22 % en 2022, puis 37 %, 39 %, 64 %, et désormais 76 %. Une trajectoire ascendante qui porte le total cumulé depuis 2017 au-delà de 6 milliards de dollars.

    Deux opérations expliquent l’essentiel de ce bilan. Le 1er avril, Drift Protocol, plateforme de produits dérivés sur Solana, a perdu 285 millions de dollars dans un drain orchestré par un sous-groupe nord-coréen. L’attaque a exploité une fonctionnalité technique de Solana appelée durable nonce, qui permet de pré-signer des transactions et de les diffuser plus tard. Les attaquants avaient en amont passé plusieurs mois en ingénierie sociale, allant jusqu’à organiser des rencontres en personne avec des employés de Drift pour obtenir les pré-autorisations multisig nécessaires.

    Le 18 avril, c’est KelpDAO, un protocole de restaking, qui s’est fait drainer de 292 millions de dollars via une faille dans son bridge LayerZero. Le contrat utilisait un seul vérificateur (DVN, Decentralized Verifier Network) là où plusieurs étaient possibles : il a suffi de compromettre cette source unique pour valider une transaction frauduleuse. L’attaque est attribuée à TraderTraitor, sous-groupe du Lazarus Group. Une partie des fonds, environ 75 millions sur Arbitrum, a pu être gelée à temps. Le reste a été blanchi via THORChain en convertissant les ETH en bitcoins, sans qu’aucun opérateur ne s’y oppose.

    Stripe Treasury : le stablecoin entre par la grande porte

    Annoncée le 29 avril lors de la Stripe Sessions 2026, la nouvelle version de Stripe Treasury consolide ce que le groupe construit depuis le rachat de Bridge en 2025 : une infrastructure de trésorerie capable de stocker des fonds en plus de 25 monnaies fiat et stablecoins, d’envoyer des paiements dans 160 pays via un simple email, et d’émettre une carte Mastercard avec 2 % de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Les soldes en Treasury génèrent par ailleurs des crédits applicables sur les frais de traitement Stripe.

    Le stablecoin n’est plus un module satellite, c’est une brique d’infrastructure. Stripe a annoncé l’extension du dispositif à 41 marchés supplémentaires et un support natif via API pour les agents IA, dans la lignée de son protocole MCP (Model Context Protocol). Le support de 15 monnaies fiat sera ajouté d’ici la fin d’année aux États-Unis et au Royaume-Uni, avec un déploiement prévu en Australie et au Canada.

    Hyperliquid : HIP-4 met la pression sur Polymarket et Kalshi

    La proposition HIP-4 (Hyperliquid Improvement Proposal n° 4) tourne en testnet public depuis quelques jours et vise à intégrer des marchés de prédiction onchain directement dans l’environnement de trading existant de la plateforme. Cross-margining avec les perpetual futures, frais nuls à l’ouverture (Polymarket prélève jusqu’à 2 % sur les paris gagnants), token HYPE qui permet aux traders de capturer une partie de la valeur générée par la plateforme : l’ensemble est calibré pour les whales.

    Le détail qui pique ? HIP-4 a été co-écrit par John Wang, head of crypto chez Kalshi, dans le cadre d’un partenariat annoncé en mars. Autrement dit, Kalshi vient de cosigner la roadmap technique d’un concurrent direct de Polymarket. Selon le chercheur onchain Fleck, 3,3 % des utilisateurs de Polymarket sont déjà actifs sur Hyperliquid, et ces comptes représentent à eux seuls 12 % du volume de Polymarket. HIP-4 leur offre une raison nette de consolider leur activité sur une seule plateforme.

    Aucune date de mainnet n’a été confirmée et plusieurs questions restent ouvertes : gouvernance des marchés, infrastructure d’oracles, gestion des litiges sur les résultats. Polymarket, qui finalise actuellement une levée de 400 millions de dollars sur une valorisation de 15 milliards, n’a probablement pas vu venir le coup d’aussi près.

  • GPT

    Crypto : le fisc recule, les hackers nord-coréens avancent

    Une journée en clair-obscur pour les cryptomonnaies. En France, les détenteurs de wallet auto-hébergé peuvent souffler un peu. L’obligation de déclarer chaque année les portefeuilles crypto de plus de 5 000 euros ne verra finalement pas le jour en l’état. Le dispositif, porté à l’Assemblée nationale dans le cadre de la lutte contre les fraudes, visait les portefeuilles gérés sans prestataire de services sur actifs numériques, ou PSAN, c’est-à-dire sans intermédiaire enregistré comme une plateforme régulée.

    L’idée était simple sur le papier : donner à la Direction générale des finances publiques une meilleure visibilité sur les fonds détenus hors des exchanges. Simple, donc. Mais aussi franchement intrusif, puisque la self-custody repose précisément sur la maîtrise directe de ses clés privées. Le texte prévoyait une notification de la valeur vénale du portefeuille au-delà de 5 000 euros, seuil assez bas pour transformer une mesure anti-fraude en petite usine déclarative pour beaucoup d’utilisateurs. Le fisc range donc, au moins provisoirement, son mètre-ruban fiscal.

    Source : Assemblée nationale

    La BCE patiente encore, Bitcoin surveille les taux

    Sur le front macroéconomique, la Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés. Le taux des opérations principales de refinancement reste à 2,15 %, celui de la facilité de dépôt à 2 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. C’est la septième réunion consécutive sans mouvement.

    Pour les marchés crypto, ce statu quo compte. Des taux plus bas rendent souvent les actifs risqués plus attractifs, Bitcoin compris. Des taux qui restent hauts, eux, prolongent la prudence. La BCE choisit donc l’attente, avec une inflation proche de sa cible de 2 %, mais encore assez sensible aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques pour éviter les grands gestes.

    Source : Banque centrale européenne

    Corée du Nord : la machine à hacks ne ralentit pas

    Plus inquiétant : la Corée du Nord reste au centre des vols crypto à grande échelle. D’après Chainalysis, les groupes liés à Pyongyang ont représenté 76 % des compromissions de services en 2025, avec plus de 2 milliards de dollars volés cette année-là et un total estimé à 6,75 milliards de dollars depuis le début du suivi. La sélection du jour évoque déjà plus de 577 millions de dollars en 2026, ce qui confirme une tendance lourde : moins de petits coups, davantage d’opérations chirurgicales et destructrices.

    Ici, pas de folklore Lazarus pour faire joli. Ces attaques financent un État sous sanctions, avec des méthodes qui passent par le phishing ciblé, les faux recrutements, les faux prestataires informatiques et le blanchiment via bridges ou services opaques. Le wallet de l’utilisateur final n’est pas toujours la cible directe, mais quand une plateforme tombe, la casse arrive très vite jusque dans les soldes des clients.

    Source : Chainalysis

    Stripe ajoute les stablecoins à la trésorerie d’entreprise

    Stripe continue, lui, d’installer les stablecoins dans les outils de paiement classiques. Son offre Treasury permet désormais de gérer des fonds en monnaies traditionnelles et en stablecoins, d’envoyer de l’argent à l’international, d’ouvrir des comptes locaux, d’utiliser une carte dédiée et de bénéficier jusqu’à 2 % de cashback sur les achats éligibles.

    La nouveauté n’a rien d’un gadget Web3 repeint en communiqué corporate. Stripe vend surtout une promesse très concrète : gérer de la trésorerie mondiale sans attendre trois jours ouvrés qu’un virement décide enfin de traverser une frontière. Les stablecoins, notamment adossés au dollar, deviennent ici une brique de paiement et de liquidité. Moins sexy qu’un memecoin à chien, certes. Beaucoup plus utile.

    Source : Stripe

    Hyperliquid veut sa part des marchés de prédiction

    Dernière pièce du jour : Hyperliquid teste HIP-4, une proposition destinée à intégrer des prediction markets onchain. Le principe consiste à permettre aux utilisateurs de prendre position sur des événements réels, via des contrats d’issue entièrement collatéralisés. En clair : le trader ne parie plus seulement sur le prix d’un actif, mais sur le résultat d’un événement observable.

    Polymarket et Kalshi dominent déjà ce terrain, chacun avec son modèle, ses contraintes réglementaires et son public. Hyperliquid arrive avec un avantage différent : une base d’utilisateurs déjà habituée au trading onchain, un carnet d’ordres efficace et un token HYPE qui peut capter une partie de l’activité de la plateforme. On serait presque tenté de parler d’un casino prédictif sous perfusion de carnet d’ordres, mais la formule serait injuste : le produit touche aussi à la formation de prix sur l’information.

    La journée se referme donc sur un contraste assez net : l’État français desserre un cran la pression déclarative, pendant que les grandes infrastructures crypto, elles, avancent sur les paiements, les marchés et la sécurité. Le répit fiscal est bon à prendre. La menace nord-coréenne, elle, n’a pas demandé de délai supplémentaire.

    Source : CoinDesk

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  • 30 avril, récap crypto : la France lâche prise sur les wallets, Pyongyang rafle la mise

    Soulagement d’un côté, vertige de l’autre. À Paris, la commission mixte paritaire enterre la déclaration fiscale annuelle des wallets auto-hébergés et les détenteurs français de Ledger ou MetaMask soufflent. À Francfort, la BCE fait du surplace mais discute pour la première fois sérieusement d’une hausse de taux. Et pendant ce temps, TRM Labs chiffre à 76 % la part nord-coréenne dans les pertes crypto de l’année.

    Wallets auto-hébergés : la France remballe son formulaire

    C’était le caillou dans la chaussure des bitcoiners français depuis décembre. La commission mixte paritaire (CMP), réunie le 28 avril, n’a pas repris l’article 3 quater du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Concrètement, l’idée d’imposer une déclaration annuelle au fisc pour tout portefeuille crypto auto-hébergé dépassant 5 000 euros vient d’être balayée.

    Pour mémoire, le texte voté le 7 avril à l’Assemblée nationale visait la simple détention sur un wallet en self-custody, sans attendre une cession taxable, ce qui aurait constitué une rupture nette avec la logique fiscale française. L’opposition est venue notamment de l’ADAN (Association pour le développement des actifs numériques), qui a mené plusieurs semaines de discussions avec les cabinets ministériels pour pointer le caractère inopérant et risqué du dispositif. Résultat : pour les utilisateurs de Ledger, MetaMask ou Trezor, le répit est immédiat.

    Le législateur s’est rangé à un raisonnement simple : la directive européenne DAC 8 entre en vigueur en 2026 et impose déjà aux plateformes régulées un échange automatique d’informations. Empiler une obligation déclarative purement nationale sur les détenteurs en self-custody apparaissait à la fois redondant et perçu comme un fichage des particuliers. La CMP a tranché : pas cette année.

    BCE : statu quo de surface, débat de fond

    Le statu quo n’a pas tout dit. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, pour la septième réunion consécutive : 2,00 % pour la facilité de dépôt (dont on rappellera qu’elle reste le taux de référence le plus suivi par les marchés), 2,15 % pour les opérations principales de refinancement, 2,40 % pour la facilité de prêt marginal.

    Christine Lagarde a précisé que la décision avait été prise à l’unanimité, tout en reconnaissant qu’une hausse de taux avait été longuement discutée par le Conseil des gouverneurs. L’inflation en zone euro est remontée à 3,0 % sur un an en avril (contre 2,6 % en mars), dans un environnement marqué par un baril de pétrole proche de 125 dollars (un sommet de quatre ans) et un conflit au Moyen-Orient qui dure. Les marchés financiers anticipent désormais une première hausse en juin, suivie d’au moins deux autres dans l’année.

    Pour les actifs risqués, dont la crypto, l’horizon n’est plus celui d’un assouplissement à venir mais d’un possible resserrement à l’automne.

    Drift, KelpDAO : Pyongyang rafle 76 % du butin crypto 2026

    Une concentration sans précédent. D’après le rapport publié le 30 avril par TRM Labs, les groupes liés à la République populaire démocratique de Corée concentrent 76 % des pertes liées aux hacks crypto sur les quatre premiers mois de 2026, soit environ 577 millions de dollars. Le total provient de deux opérations seulement, qui ne représentent que 3 % des incidents recensés sur la période.

    Le 1er avril, Drift Protocol perd 285 millions de dollars dans une attaque qui combine ingénierie sociale prolongée (rencontres physiques entre des proxys nord-coréens et des employés de Drift sur plusieurs mois) et exploitation du durable nonce, un mécanisme propre à Solana qui permet de pré-signer des transactions diffusées plus tard. Le 18 avril, KelpDAO se fait drainer 116 500 rsETH (environ 292 millions de dollars) via une faille de son bridge LayerZero : les attaquants compromettent deux nœuds RPC internes, lancent un déni de service contre les nœuds externes pour forcer le verifier unique du bridge à s’appuyer sur les données empoisonnées, et déclenchent un transfert frauduleux validé comme légitime côté chaîne source.

    Le contrecoup déborde le seul protocole touché. Selon Coindesk, l’incident KelpDAO a provoqué l’une des plus grandes vagues de retraits de l’histoire de la DeFi, avec environ 13 milliards de dollars sortis des plateformes de prêt en quarante-huit heures, dont 8,54 milliards rien que sur Aave, qui se retrouve avec une dette douteuse proche de 200 millions de dollars, épongée pour partie par 300 millions de pledges de l’industrie. Sur la période 2017-2026, TRM estime désormais à plus de 6 milliards de dollars le total cumulé attribué à Pyongyang, dont la part dans les hacks crypto est passée de moins de 10 % en 2020 à 22 % en 2022, 64 % en 2025, et 76 % début 2026.

    Le mode opératoire a changé : moins d’attaques, mieux ciblées, à très haut rendement par incident. Et désormais, soupçonnent les analystes de TRM, possiblement assistées par des outils d’IA pour la phase de reconnaissance et d’ingénierie sociale.

    Stripe Treasury : les stablecoins entrent dans la trésorerie d’entreprise

    Pas de grande déclaration sur l’adoption. Lors de Stripe Sessions le 29 avril, l’entreprise a annoncé une nouvelle version de Stripe Treasury, son compte d’entreprise programmable. Les sociétés peuvent désormais détenir et gérer leurs fonds en plusieurs devises fiat et en stablecoins, envoyer un paiement par simple email vers 160 pays via les rails stablecoins, et accéder à une carte Mastercard de dépense avec 2 % de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Les transferts entre entreprises Stripe américaines deviennent instantanés et gratuits.

    Détail technique : Stripe s’appuie sur l’infrastructure de Bridge, racheté début 2025, et propose des comptes financiers agent-ready, c’est-à-dire pilotables par des agents IA via la couche Stripe MCP, avec confirmation humaine pour les actions sensibles. Le ton n’est plus à l’évangélisation : pour Stripe, le stablecoin est devenu un rail de paiement comme un autre, taillé pour les trésoriers et les équipes finance.

    HIP-4 : Hyperliquid attaque, Kalshi tient la torche

    Hyperliquid attaque, et choisit son camp. La plateforme a publié le 29 avril la structure tarifaire de HIP-4, sa proposition pour intégrer les prediction markets (marchés de paris sur événements réels) à son architecture de trading. Le mécanisme : des contrats outcome entièrement collatéralisés, qui ne sont pas des perpétuels mais des contrats binaires expirant à 0 ou 1 selon que l’événement se produit ou non (élection, statistique macro, score sportif). Aucun frais à l’ouverture, frais uniquement à la clôture ou au règlement.

    La cible est claire : Polymarket et Kalshi, les deux poids lourds du créneau. Sauf que la proposition HIP-4 a été co-écrite par John Wang, head of crypto chez Kalshi, et que Hyperliquid a formalisé un partenariat avec Kalshi en mars dernier. Polymarket se retrouve seul face à un adversaire qui combine une infrastructure de trading déjà testée à grande échelle (219 milliards de dollars de volume sur Hyperliquid en mars 2026), un token natif (HYPE) qui distribue de la valeur aux utilisateurs, et un allié régulé aux États-Unis.

    Les chiffres internes de Polymarket commencent à raconter quelque chose d’embarrassant : selon le chercheur on-chain Fleck, 3,3 % de ses utilisateurs sont déjà actifs sur Hyperliquid et représentent près de 12 % de son volume total. Si HIP-4 atteint le mainnet à grande échelle (aucune date n’est confirmée), ce sont les whales qui ont le plus de raisons de rapatrier toute leur activité dans un seul compte de marge.

    Cinq dossiers en une journée, et un fait certain pour les Français en self-custody : c’est un formulaire en moins.

  • Crypto : la France desserre l’étau, Stripe avance, Hyperliquid change de terrain

    Journée dense. Entre un recul législatif à Paris, une BCE qui laisse le coût de l’argent inchangé et des acteurs privés qui poussent plus loin l’intégration des stablecoins, le 30 avril a surtout raconté une même chose : la crypto continue de se frotter au monde réel, qu’il s’agisse de fiscalité, de paiements ou de marchés onchain. Ce récap remet les infos dans l’ordre de leur importance, avec les chiffres vérifiés au passage.

    La France recule sur les wallets auto-hébergés

    La commission mixte paritaire a supprimé la disposition qui aurait imposé une déclaration annuelle au fisc pour les portefeuilles crypto auto-hébergés de plus de 5 000 euros. Le sujet n’était pas anodin : le texte adopté début avril visait bien la simple détention sur un wallet en self-custody, sans attendre une cession taxable, ce qui aurait marqué un changement net dans la logique fiscale française. Pour les utilisateurs de Ledger, MetaMask ou Trezor, le répit est donc immédiat, même si le débat sur la traçabilité des avoirs crypto n’a évidemment pas disparu avec cet article supprimé.

    La BCE maintient ses taux

    La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux des opérations principales de refinancement à 2,15% et un taux de prêt marginal à 2,40%. Plusieurs sources évoquent bien une septième réunion consécutive sans changement, mais le chiffre de 2,15% avancé dans la brève du Slack correspond au taux principal de refinancement, pas au taux de dépôt qui reste la référence la plus suivie par les marchés. Pour le marché crypto, ce statu quo prolonge surtout un environnement monétaire plus lisible qu’au temps des hausses à répétition, même si la BCE souligne aussi une montée des risques sur l’inflation et la croissance en zone euro.

    Les hacks nord-coréens pèsent déjà lourd

    D’après TRM Labs, des groupes liés à la Corée du Nord concentrent 76% des pertes liées aux hacks crypto depuis le début de 2026, avec environ 577 millions de dollars volés à fin avril. Ce total provient principalement de deux attaques, contre Drift Protocol le 1er avril pour 285 millions de dollars et contre KelpDAO le 18 avril pour 292 millions, soit très peu d’incidents pour une part écrasante de la valeur dérobée. Et sur la période 2017-2026, TRM estime que les opérations attribuées à Pyongyang dépassent désormais 6 milliards de dollars, un chiffre qui suffit à rappeler que le cybercrime d’État n’a plus grand-chose d’un bruit de fond dans la crypto.

    Stripe muscle sa trésorerie en stablecoins

    Stripe a annoncé une extension de son offre Treasury permettant aux entreprises de détenir et gérer des fonds en devises fiat et en stablecoins, avec des paiements transfrontaliers couverts dans jusqu’à 160 pays via les rails stablecoins. La société met aussi en avant une carte de dépense associée avec jusqu’à 2% de cashback sur les achats éligibles, ainsi que des transferts instantanés entre entreprises Stripe aux États-Unis. Dit autrement, Stripe continue d’installer les stablecoins dans l’infrastructure de paiement quotidienne, loin des grands sermons sur “l’adoption”, avec un produit qui parle surtout aux trésoriers et aux équipes finance.

    Hyperliquid teste HIP-4 pour les prediction markets

    Hyperliquid teste actuellement HIP-4, une proposition qui permettrait à des utilisateurs de créer sur la plateforme des contrats perpétuels adossés à des événements du monde réel, comme une élection, une statistique macroéconomique ou un score sportif. Techniquement, l’idée consiste à faire entrer les prediction markets dans l’architecture de trading déjà utilisée par Hyperliquid, avec une gestion unifiée des positions et du collatéral depuis un même compte onchain. La cible est limpide : Polymarket et Kalshi, deux noms déjà bien installés sur ce créneau, même si Hyperliquid arrive avec une base de traders et une liquidité qui peuvent vite changer l’équation.

    Fin de journée, donc, sans grand frisson macro mais avec plusieurs signaux concrets sur la manière dont la crypto s’insère, se régule et se dispute ses prochains marchés. Et pour une fois, le wallet auto-hébergé français échappe au formulaire de trop.

  • Crypto : fiscalité française, Stripe et Hyperliquid secouent la fin de mois

    Journée dense. Entre un recul politique en France, une offensive de Stripe sur les stablecoins et Hyperliquid qui lorgne les marchés de prédiction, le 30 avril a brassé à la fois la régulation, l’infrastructure et la spéculation pure. Pour un lecteur crypto, l’intérêt est là : ce sont trois façons très différentes de toucher au même nerf, celui de la circulation de la valeur, entre wallet personnel, rails de paiement et paris onchain.

    La France retire la déclaration des wallets auto-hébergés

    Recul du fisc. La disposition qui devait imposer une déclaration annuelle des portefeuilles crypto auto-hébergés au-delà de 5 000 euros a finalement été supprimée du texte, alors qu’elle avait été introduite plus tôt dans le projet de loi sur la fraude fiscale et sociale. Concrètement, cela aurait visé les wallets en self-custody, qu’il s’agisse d’un hardware wallet type Ledger ou d’un wallet non custodial comme MetaMask, avec une logique proche de la déclaration des comptes détenus sur des plateformes étrangères. Le retrait soulage un secteur qui dénonçait à la fois une mesure intrusive, difficile à appliquer techniquement et mal calibrée.

    La BCE ne bouge pas

    Statu quo monétaire. La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux de refinancement principal à 2,15% et une facilité de prêt marginal à 2,40%. Point utile à préciser : le chiffre de 2,15% cité dans la brève correspond au taux de refinancement principal, pas au taux de dépôt, qui reste le repère le plus suivi par les marchés. Pour le marché crypto, pas de surprise immédiate côté euro ce jeudi.

    Pyongyang reste au centre des hacks

    Poids lourd, encore. Des groupes liés à la Corée du Nord auraient concentré 76% des pertes liées aux hacks crypto depuis le début de 2026 jusqu’à fin avril, avec environ 577 millions de dollars volés sur deux attaques attribuées. Le total cumulé dépasserait désormais 6 milliards de dollars depuis 2017. Le tableau reste le même : peu d’attaques, mais des opérations lourdes, préparées sur la durée, très loin du petit exploit opportuniste bricolé à la va-vite.

    Stripe muscle sa trésorerie en stablecoins

    Virage très concret pour les paiements. Stripe a profité de sa conférence Sessions 2026 pour élargir Stripe Treasury, désormais pensé comme un compte global pour entreprises permettant de conserver des fonds dans plusieurs devises et stablecoins, de payer dans de nombreux pays, d’utiliser une carte dédiée et de toucher jusqu’à 2% de cashback. Dans le détail, la promesse mélange gestion de trésorerie, paiements transfrontaliers et rewards sur les soldes. En clair, les stablecoins avancent ici non comme produit d’appel, mais comme brique opérationnelle de la finance d’entreprise.

    Hyperliquid veut sa part des marchés de prédiction

    Nouveau terrain de jeu. Hyperliquid teste HIP-4, une proposition destinée à intégrer des marchés de prédiction onchain sur des événements du monde réel. Le mécanisme est simple dans son principe : les utilisateurs prennent position sur une issue, puis le marché est réglé une fois le résultat connu via une source de résolution définie à l’avance. La plateforme vise clairement un segment déjà occupé par Polymarket et Kalshi, avec l’idée d’étendre son activité au-delà du trading perpétuel.

    Fin de mois nerveuse. Entre le politique qui recule, les stablecoins qui s’installent dans les tuyaux du paiement et les marchés de prédiction qui continuent de gagner du terrain, l’industrie reste fidèle à ses habitudes.

    Incohérences ou points à signaler : dans la brève BCE, 2,15% désigne le taux de refinancement principal, pas le taux de dépôt ; dans la brève Stripe, le périmètre exact entre paiements fiat et stablecoins méritait d’être distingué plus clairement ; aucune brève n’a été retirée du récap.

  • Bercy recule, Pyongyang frappe : récap crypto du 30 avril

    Journée à deux visages. La France enterre son projet de déclaration des wallets auto-hébergés au moment où la Corée du Nord rafle 76% des hacks crypto de l’année avec deux attaques seulement. En parallèle, Stripe pose les fondations d’une trésorerie business nativement stablecoin et Hyperliquid s’invite dans la cour des prediction markets.

    Wallets self-custody : la France fait machine arrière

    La commission mixte paritaire a écarté le 28 avril l’article 3 quater du projet de loi contre les fraudes fiscales, qui imposait une déclaration annuelle pour tout wallet auto-hébergé dépassant 5 000 euros. L’amendement, voté en première lecture début avril avec 363 voix, créait une obligation inédite en Europe sur des portefeuilles que l’administration n’a aucun moyen technique de vérifier. La mobilisation de l’ADAN a pesé, dans un pays qui recense plus de 40 enlèvements liés à la crypto depuis janvier : un fichier centralisant noms, adresses et montants détenus aurait offert une cible toute trouvée. Le cadre européen DAC8, opérationnel depuis le 1er janvier 2026, prend le relais sur la transparence des plateformes régulées.

    Pyongyang signe 76% des pertes crypto en 2026

    Selon un rapport TRM Labs publié hier, les groupes liés à la Corée du Nord sont à l’origine de 577 millions de dollars de pertes crypto sur les quatre premiers mois de 2026, soit 76% du total mondial. Le chiffre tient à deux attaques : 285 millions sur Drift Protocol le 1er avril, exploitant le mécanisme de durable nonce de Solana après plusieurs mois de social engineering ; et 292 millions sur KelpDAO le 18 avril, via une faille du verifier unique d’un bridge LayerZero. Une partie des fonds, environ 175 millions en ETH, a déjà été convertie en BTC via THORChain, protocole cross-chain sans KYC. La part nord-coréenne dans les pertes crypto est passée de 22% en 2022 à 76% en 2026, pour un cumul désormais supérieur à 6 milliards de dollars depuis 2017.

    Stripe lance sa trésorerie multi-devises et stablecoins

    Annoncé le 29 avril à la conférence Sessions, Stripe Treasury permet aux entreprises de détenir des fonds en plusieurs devises et stablecoins (USDC et USDB de Bridge, filiale de Stripe), de payer dans 160 pays via stablecoins, et d’obtenir une carte Mastercard avec 2% de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Trois mois après le rachat finalisé de Bridge, Stripe consolide sa position d’infrastructure stablecoin pour entreprises, avec un support promis pour 15 devises fiat d’ici fin 2026 et un déploiement en Australie et au Canada. L’acteur qui a traité 1 400 milliards de dollars de volume de paiement en 2024 normalise un peu plus l’usage business des stablecoins.

    BCE : statu quo malgré une inflation qui remonte

    La Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés pour la 7e réunion consécutive, avec un taux de refinancement à 2,15% et un taux de dépôt à 2%. Décision unanime, mais Christine Lagarde a précisé qu’une hausse avait été longuement discutée alors que l’inflation en zone euro a accéléré à 3% en avril, soutenue par un baril proche de 125 dollars sur fond de conflit au Moyen-Orient. Les marchés anticipent désormais une hausse de 25 points en juin, ce qui marquerait un retournement de cycle après la séquence de baisses 2024-2025. Pour les actifs risqués, crypto comprise, le statu quo n’est probablement que temporaire.

    Hyperliquid attaque Polymarket sur les prediction markets

    Le DEX Hyperliquid teste sur testnet HIP-4, une proposition qui permettrait de trader des contrats binaires sur des événements réels (élections, macro, sports) directement dans le même margin account que les perpetuals. La structure tarifaire prévoit des frais nuls à l’ouverture, appliqués uniquement à la clôture ou au settlement, contre les 2% prélevés par Polymarket sur les paris gagnants. Détail piquant : la proposition est co-signée par John Wang, head of crypto chez Kalshi, dans le cadre du partenariat annoncé en mars entre les deux plateformes. Le secteur des prediction markets a vu son volume bondir de plus de 300% en 2025 pour atteindre 63,5 milliards de dollars.

    Bilan provisoire : Bercy lâche du lest, Stripe normalise les stablecoins en trésorerie business, et la DeFi continue de financer ses propres factures de sécurité en milliards. Le secteur avance, rarement sur le même pied.

  • Récap du 30 avril 2026 : la France lâche les wallets auto-hébergés, la Corée du Nord rafle 76 % des hacks de l’année

    Journée pleine pour le secteur. Le Parlement français a finalement écarté l’obligation de déclarer les wallets auto-hébergés au-dessus de 5 000 euros, TRM Labs publie un bilan accablant sur la mainmise nord-coréenne sur les hacks 2026, et l’industrie traditionnelle avance ses pions sur les stablecoins comme sur les marchés de prédiction onchain. Cinq brèves à retenir.

    Wallets auto-hébergés : la France fait machine arrière

    La commission mixte paritaire réunie le 28 avril a supprimé l’article 3 quater du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Ce texte, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en décembre 2025, prévoyait l’obligation pour les détenteurs de portefeuilles auto-hébergés (type Ledger, MetaMask) dépassant 5 000 euros de les déclarer chaque année au fisc. La mesure avait suscité une opposition forte de l’ADAN et d’une partie de l’industrie, qui pointaient un dispositif techniquement invérifiable et la constitution d’un fichier centralisé de détenteurs jugée à risque. Les votes définitifs attendus début mai devraient entériner ce retrait.

    76 % des pertes liées aux hacks crypto 2026 attribuées à la Corée du Nord

    Selon le rapport publié hier par TRM Labs, des groupes liés à Pyongyang ont siphonné environ 577 millions de dollars sur les quatre premiers mois de 2026, soit 76 % des pertes mondiales liées aux hacks crypto sur la période. Le bilan se concentre sur deux attaques d’avril : Drift Protocol, exchange perpetuel sur Solana (285 M$ le 1er avril, après des mois d’ingénierie sociale), et KelpDAO (292 M$ le 18 avril, via l’exploitation d’un bridge LayerZero à vérificateur unique). Ces deux incidents ne représentent que 3 % du nombre total de hacks recensés cette année. Le total attribué à la Corée du Nord depuis 2017 dépasse désormais 6 milliards de dollars, avec une part en progression continue : moins de 10 % en 2020, 64 % en 2025, 76 % à fin avril 2026.

    Stripe muscle son offre trésorerie multi-devises et stablecoins

    Lors de la conférence Stripe Sessions du 29 avril, le processeur de paiements a présenté la nouvelle version de Stripe Treasury. Les entreprises peuvent désormais détenir des fonds en plusieurs devises et en stablecoins (USDC et USDB, ce dernier émis par Bridge, filiale de Stripe), envoyer des paiements vers 160 pays via une simple adresse email, et bénéficier de transferts instantanés gratuits entre entreprises Stripe aux États-Unis. Une carte Stripe émise par Mastercard avec 2 % de cashback sur les achats éligibles complète l’offre, réservée pour l’instant aux utilisateurs américains. Le support de 15 devises est annoncé pour la fin 2026 sur les comptes US et UK.

    Hyperliquid teste HIP-4 et vise frontalement Polymarket et Kalshi

    Le DEX Hyperliquid a publié la structure de frais des “outcome tokens” rattachés à sa proposition HIP-4, déjà active sur testnet sans date de mainnet confirmée. La proposition, co-écrite avec John Wang (head of crypto chez Kalshi), permettra de trader des contrats binaires sur des événements réels (élections, événements macro, prix d’actifs) depuis le même compte de marge que les perpetuals crypto, avec cross-margining. Le modèle est zero-fee à l’ouverture, les frais ne s’appliquant qu’à la clôture ou au règlement, contre jusqu’à 2 % chez Polymarket. Selon les chiffres cités dans la proposition, le secteur des marchés de prédiction a vu son volume bondir de plus de 300 % en 2025 pour atteindre 63,5 milliards de dollars.

    BCE : statu quo monétaire pour la septième réunion consécutive

    Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés ce 30 avril : taux de refinancement à 2,15 %, taux de dépôt à 2,00 %, taux de prêt marginal à 2,40 %. Il s’agit de la septième réunion consécutive sans modification depuis la dernière baisse de juin 2025. La décision intervient malgré une accélération de l’inflation à 3,0 % sur un an en avril selon les données préliminaires d’Eurostat, dans un contexte de baril de pétrole proche des 125 dollars. Christine Lagarde a indiqué qu’une hausse de taux avait été “longuement” discutée, et les marchés monétaires anticipent désormais un relèvement dès juin.

    Cinq brèves, cinq directions : régulateurs en retrait sur le suivi des wallets, cybercriminalité étatique au sommet, adoption institutionnelle des stablecoins qui s’élargit, et innovation onchain qui pousse sur de nouveaux segments. La frontière entre crypto et finance traditionnelle continue de bouger sur tous les fronts à la fois.