Author: Gabriel Montaut

  • Bitcoin : Une IA pour lutter contre le FUD et les fausses informations

    Désinformation tenace, riposte automatisée. Le secteur des cryptomonnaies reste un terrain fertile pour les rumeurs, et les médias traditionnels n’hésitent pas à les relayer. Souvenez-vous : en août 2024, la fausse information selon laquelle le gouvernement américain aurait liquidé 40 000 BTC s’était propagée en quelques heures à peine. Pour endiguer ces dérapages chroniques, la plateforme éducative Bitcoin Beyond 66 vient de dégainer un outil basé sur l’intelligence artificielle.

    Une base de preuves générée par IA pour défendre Bitcoin

    L’outil s’appelle The Bitcoin Evidence Base. Il a été co-construit par le groupe nordique Bitcoin Beyond 66 et l’analyste environnemental Daniel Batten, figure connue pour son plaidoyer en faveur du minage propre. Sa promesse tient en une phrase : générer en quelques secondes une réponse argumentée et sourcée à n’importe quelle critique formulée à l’encontre de Bitcoin, qu’elle porte sur l’impact environnemental, la consommation énergétique ou le rôle de l’actif dans le système financier.

    Concrètement, l’utilisateur copie un commentaire glané sur les réseaux sociaux ou colle un lien vers une publication, et l’outil renvoie un texte prêt à publier. Mieux : la réponse s’adapte au format de la plateforme visée, X, LinkedIn ou Facebook. Trois tons sont également proposés selon le destinataire et le degré de tension du fil de discussion : direct, équilibré ou doux.

    L’arsenal documentaire mobilisé n’a rien d’anecdotique. La base puise dans plus de vingt-deux études évaluées par les pairs, dans les données du gestionnaire de réseau texan ERCOT et, surtout, dans le dernier rapport du Cambridge Centre for Alternative Finance publié le 28 avril 2025. Ce dernier établit que 52,4 % de l’énergie consommée par le mining Bitcoin provient désormais de sources durables, dont 42,6 % de renouvelables et 9,8 % de nucléaire. Le charbon, lui, s’est effondré de 36,6 % en 2022 à 8,9 % aujourd’hui.

    Convaincre plutôt que gagner : la stratégie du FUD inversé

    Le FUD (dont on rappellera qu’il désigne dans le jargon crypto l’acronyme de Fear, Uncertainty, Doubt, soit la peur, l’incertitude et le doute, généralement diffusés à dessein pour faire chuter un actif) constitue le bruit de fond permanent de l’écosystème. La promesse de Bitcoin Beyond 66 ne se limite pas à fournir des munitions chiffrées : l’équipe revendique une approche bâtie sur le « playbook de communication » de Daniel Batten, articulé autour du couple preuves et empathie.

    L’idée est volontairement contre-intuitive : reconnaître d’abord ce qu’il y avait de fondé dans la critique adverse, avant d’en corriger les angles morts. « Si vous tentez de “posséder” quelqu’un dans un débat, vous activez ses défenses et vous n’obtenez rien », résume le collectif sur son site. Une posture qui tranche avec la culture habituelle de la riposte sur X, où la victoire dialectique prime souvent sur la pédagogie.

    Reste une question que l’outil ne résout pas vraiment. Lorsque chaque camp dispose d’un générateur automatisé d’arguments adaptés à son auditoire, la conversation publique devient-elle plus éclairée, ou simplement mieux munitionnée ?

  • Cap réglementaire pour la finance tokenisée britannique. La Financial Conduct Authority (FCA) a publié jeudi sa guidance finale sur la tokenisation des fonds, dans le policy statement PS26/7, qui clarifie l’usage de la distributed ledger technology (DLT) dans le cadre réglementaire existant. Le texte entre en vigueur immédiatement et trace, en filigrane, la feuille de route numérique du gendarme financier londonien.

    Le pari britannique : intégrer la blockchain au régime existant

    Le Royaume-Uni compte environ 2 600 sociétés de gestion supervisant 16 500 milliards de livres d’actifs. Un poids lourd mondial qui n’entend pas céder de terrain face à Dublin, Luxembourg ou Singapour sur le terrain de la modernisation des infrastructures de marché.

    Plutôt que de bâtir une sandbox expérimentale séparée, la FCA a tranché pour l’intégration. Le PS26/7 autorise les sociétés à tenir leurs registres d’investisseurs sur DLT via le modèle « Blueprint », et confirme que les enregistrements de transactions on-chain peuvent servir de livres principaux pour les transactions de parts, sans duplication off-chain complète, dès lors que des « plans de résilience appropriés » sont en place.

    Le Blueprint a déjà permis d’autoriser le premier UCITS tokenisé du Royaume-Uni en janvier 2025 (UCITS, dont on rappellera qu’il s’agit du standard européen des fonds réglementés ouverts au grand public, encadré par des règles strictes de liquidité, de transparence et de diversification). Les fonds autorisés peuvent maintenir leur registre sur des réseaux DLT publics si les contrôles répondent aux standards de la FCA, y compris en émettant des unités sur plusieurs blockchains, à condition que les droits des investisseurs et les frais restent cohérents.

    Direct-to-Fund : la rupture opérationnelle

    La principale innovation porte un nom : Direct-to-Fund, ou D2F. Sous le régime actuel, les Authorised Fund Managers (AFM) agissent comme principaux, utilisent une box d’unités pour gérer souscriptions et rachats, et créent au passage des expositions intermédiaires entre l’investisseur et le fonds. Un montage qui alourdit les charges opérationnelles, les obligations de client money et les coûts de mise en conformité.

    Le D2F supprime cette intermédiation : le fonds ou son dépositaire devient la contrepartie directe des transactions des investisseurs. Les opérations passent par une étape unique, l’émission ou l’annulation d’unités contre mouvement de cash. Cet argent transite par un compte dédié, l’Issues and Cancellations Account (IAC), et reste juridiquement qualifié de scheme property du fonds. Le modèle aligne le Royaume-Uni sur les pratiques en vigueur en Irlande et au Luxembourg, allège la complexité capitalistique pesant sur les AFM, et s’imbrique avec la mécanique tokenisée en éliminant des étapes de mint/burn redondantes.

    Le régulateur lui-même chiffre les économies opérationnelles nettes entre 27 et 57 millions de livres sur dix ans pour l’ensemble du marché. Pas un raz-de-marée, mais un signal calibré dans la bataille post-Brexit pour attirer les véhicules de gestion européens.

    Nous nous sommes concentrés sur ce que le marché demandait : un cadre clair et pratique qui donne confiance dans la manière dont la tokenisation des fonds peut opérer dans nos règles, aujourd’hui et à l’avenir.

    Simon Walls, directeur exécutif des marchés à la FCA, résume ainsi la philosophie du texte. Côté industrie, John Allan, directeur de l’unité innovation et opérations à l’Investment Association, salue une avancée concrète pour l’infrastructure des marchés de fonds, qui apporte de la confiance sur les modèles utilisant des chaînes publiques quand les contrôles sont adéquats, ainsi que sur les outils de digital cash pour les besoins opérationnels.

    Au-delà des fonds : stablecoins et digital cash en ligne de mire

    Le PS26/7 ne s’arrête pas aux unités de fonds. Le texte se positionne à l’étape une d’un parcours plus large : étape deux, les titres traditionnels migrés on-chain ; étape trois, les flux de trésorerie tokenisés permettant la gestion de portefeuille via wallets et smart contracts.

    Le régulateur se dit ouvert à des waivers permettant aux fonds d’utiliser du digital cash et des stablecoins pour le règlement et certaines dépenses, et annonce qu’il sollicitera de nouveaux retours en 2026 sur un usage plus large de la DLT dans les marchés wholesale. Le calendrier s’imbrique avec celui du régime crypto britannique complet, qui doit entrer en vigueur en octobre 2027 et couvrira émission de stablecoins, trading, custody et staking.

    La pièce manquante est connue : un actif de règlement on-chain crédible. Banques centrales, banques commerciales ou émetteurs privés de stablecoins, celui qui le fournira en premier avec la robustesse exigée par les régulateurs prendra une longueur d’avance. Vlad Tenev, le patron de Robinhood, comparait en octobre dernier au Token2049 la tokenisation à un train de marchandises impossible à arrêter, prédisant que la plupart des grands marchés disposeront d’un cadre dédié sous cinq ans. Avec le PS26/7, Londres signale qu’elle préfère poser ses propres rails plutôt que voir l’industrie se structurer ailleurs.

  • Désinformation chronique. Le FUD (Fear, Uncertainty and Doubt, ou « peur, incertitude et doute ») fait partie du quotidien du secteur crypto, où les fausses informations circulent à grande vitesse et finissent régulièrement reprises par les médias traditionnels. En août 2024, la rumeur d’une vente de 40 000 BTC par le gouvernement américain avait ainsi fait le tour du web avant d’être démentie. Pour endiguer le phénomène, la plateforme éducative Bitcoin Beyond 66 vient de dévoiler un nouvel outil.

    Un agent IA dédié aux critiques visant Bitcoin

    Baptisé The Bitcoin Evidence Base, ce projet open source est porté par la plateforme nordique Bitcoin Beyond 66, qui le présente comme un outil destiné à générer des réponses fondées sur des preuves face aux idées reçues sur l’impact environnemental de Bitcoin, sa consommation d’énergie et son rôle dans le système financier[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). L’environnementaliste pro-Bitcoin Daniel Batten, qui défend l’idée d’une part croissante d’énergies renouvelables et bas-carbone dans le minage, est associé au projet[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

    En pratique, l’utilisateur colle un commentaire issu des réseaux sociaux ou un lien vers une critique, puis l’outil renvoie une réponse adaptée au format X, LinkedIn ou Facebook[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud)[[3]](https://facts.bitcoinbeyond66.com/). Le moteur s’appuie sur plus de 22 études évaluées par des pairs, sur des rapports du Cambridge Centre for Alternative Finance et sur les données d’ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) (Electric Reliability Council of Texas, l’opérateur du réseau électrique texan).

    Parmi les références mobilisées, l’étude du Cambridge Centre for Alternative Finance publiée le 28 avril 2025 occupe une place centrale. Le rapport (dont on rappellera qu’il s’attaque frontalement au narratif dominant sur l’empreinte carbone du minage) établit que 52,4 % du minage de Bitcoin est désormais alimenté par des sources d’énergie durables, dont 9,8 % de nucléaire et 42,6 % de renouvelables comme l’hydroélectricité ou l’éolien, contre 37,6 % en 2022[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/). Le gaz naturel a remplacé le charbon comme première source fossile, passant à 38,2 % contre 25,0 % en 2022, tandis que le charbon a chuté de 36,6 % à 8,9 %[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/).

    « Preuves et empathie » : une riposte calibrée au FUD

    L’outil arrive dans un contexte saturé. Malgré la multiplication des recherches évaluées par des pairs sur les bénéfices environnementaux du minage, des données obsolètes, des études méthodologiquement faibles ou un simple manque de connaissance continuent de façonner négativement la perception publique[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Or, comme le note Bitcoin Beyond 66, peu d’internautes ont le temps de lire vingt-deux articles évalués par des pairs, des rapports de Cambridge et des données ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) avant de répondre à un thread sur X.

    D’où le pari de Bitcoin Beyond 66 : automatiser la riposte. L’outil applique le « playbook de communication » de Daniel Batten, qui mise sur deux ingrédients : des preuves et de l’empathie. Le principe consiste à reconnaître ce qui était fondé dans la critique avant de corriger les idées fausses, dans le but d’éduquer la personne et le public élargi plutôt que de chercher à gagner le débat[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Trois registres de réponse sont proposés selon l’audience visée : direct, équilibré ou doux[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

    L’approche tranche avec la culture de combat verbal qui domine les réseaux sociaux crypto. « Si vous essayez de “posséder” quelqu’un, vous déclencherez ses défenses et n’arriverez à rien »[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud), résume le groupe nordique.

    De leur côté, les mineurs eux-mêmes travaillent leur image. Au Canada, de plus en plus d’opérateurs basculent vers les énergies renouvelables, un mouvement de fond que les chiffres de Cambridge documentent à l’échelle mondiale : 75,4 % de l’activité reportée se concentre aux États-Unis et 7,1 % au Canada[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/), et environ 86,9 % du matériel de minage déclassé est revendu, réutilisé ou recyclé[[6]](https://cryptonews.com/news/bitcoin-minings-sustainable-energy-usage-rises-to-52-cambridge-study-finds/). De quoi alimenter, déjà, la base de connaissances du nouvel agent.

  • Cap réglementaire franchi outre-Manche. Le jeudi 30 avril 2026, la Financial Conduct Authority (FCA), régulateur des marchés financiers britanniques, a publié sa policy statement PS26/7 sur la tokenisation des fonds. Le texte tranche en faveur d’une intégration au régime des fonds autorisés existant, plutôt que de créer un environnement réglementaire séparé. Avec 16 500 milliards de livres sous gestion et environ 2 600 sociétés d’asset management actives sur son sol, le Royaume-Uni dispose d’un terrain de déploiement massif.

    Le modèle Blueprint passe du pilote au droit commun

    Au centre du dispositif, le modèle Blueprint, déjà éprouvé en pratique : la FCA avait autorisé le premier OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières, équivalent britannique des UCITS européens) entièrement tokenisé sous ce cadre dès janvier 2025. PS26/7 confirme désormais que les registres on-chain peuvent tenir lieu de livre principal pour les transactions d’unités de fonds, sans imposer le maintien d’un double off-chain complet. Une condition technique l’encadre : disposer de « plans de résilience appropriés » pour la continuité et l’intégrité des données.

    Les fonds autorisés peuvent ainsi tenir leur registre sur des réseaux DLT (distributed ledger technology, la technologie des registres distribués sur laquelle reposent blockchains publiques et privées) à condition que les contrôles satisfassent les exigences du régulateur. Garde-fou non négociable du dispositif : les Authorised Fund Managers conservent l’autorité de modifier unilatéralement le registre, indispensable pour corriger des erreurs ou exécuter une décision de justice.

    D2F, le vrai geste structurel de PS26/7

    L’innovation la plus marquante du document n’est pas la tokenisation en tant que telle, mais le modèle Direct-to-Fund (D2F). Dans cette architecture optionnelle, le fonds ou son dépositaire devient la contrepartie directe des transactions de l’investisseur, court-circuitant le gestionnaire historiquement positionné en intermédiaire. Les unités sont émises ou annulées en une seule étape, contre un flux de cash (dont on rappellera qu’il transite encore par les rails bancaires conventionnels, en attendant la généralisation du digital cash) circulant directement entre l’investisseur et le fonds.

    Détail clé : le D2F s’applique aussi bien aux fonds traditionnels qu’aux fonds tokenisés. La FCA pousse donc une réforme opérationnelle plus large, dont la tokenisation devient une modalité parmi d’autres.

    L’industrie répond : feu vert pour les blockchains publiques

    L’Investment Association a accueilli favorablement le texte. John Allan, directeur de l’innovation et des opérations de l’organisation professionnelle, retient surtout la « confiance autour des modèles de chaînes publiques lorsque les bons contrôles sont en place ». Autrement dit, la FCA n’oblige pas les gestionnaires à se replier sur des blockchains privées de complaisance.

    Simon Walls, directeur exécutif des marchés à la FCA, a justifié le calibrage du texte : « Nous avons cherché à livrer ce que le marché demandait : un cadre clair et pratique, qui donne confiance dans la manière dont la tokenisation des fonds peut opérer dans nos règles, aujourd’hui comme demain. »

    Une roadmap, pas un coup de communication isolé

    PS26/7 s’inscrit dans la roadmap des actifs numériques que la FCA avait annoncée dans sa lettre au Premier ministre britannique en janvier 2025. Le régulateur poursuit en parallèle ses travaux sur les stablecoins, la custody et le staking, et a ouvert le 30 avril une nouvelle consultation sur les modèles de tokenisation futurs, avec des réponses attendues avant le 3 juin 2026.

    Le pari britannique se précise : faire entrer la blockchain dans l’enceinte réglementée plutôt que de la laisser prospérer dans un sandbox parallèle. Une stratégie d’inclusion sous contrôle, à rebours de l’approche segmentée du règlement européen MiCA, où les actifs numériques évoluent dans leur propre couloir réglementaire. Reste à voir si l’asset management britannique saisira l’opportunité, ou laissera le cadre prendre la poussière.

  • Crypto au Royaume-Uni : la FCA verrouille les règles des fonds tokenisés

    Cap réglementaire pour la finance tokenisée britannique. La Financial Conduct Authority (FCA) a publié jeudi sa guidance finale sur la tokenisation des fonds, dans le policy statement PS26/7, qui clarifie l’usage de la distributed ledger technology (DLT) dans le cadre réglementaire existant. Un texte qui referme un an de consultation et trace, en filigrane, la feuille de route digitale du gendarme financier londonien.

    Le pari britannique : intégrer la blockchain au régime existant

    Le Royaume-Uni compte environ 2 600 sociétés de gestion supervisant 16 500 milliards de livres d’actifs. Un poids lourd mondial qui n’entend pas céder de terrain face à Dublin, Luxembourg ou Singapour sur le terrain de la modernisation des infrastructures de marché.

    Plutôt que de bâtir une sandbox expérimentale séparée, la FCA a tranché pour l’intégration. Le PS26/7 autorise les sociétés à tenir leurs registres d’investisseurs sur DLT via le modèle « Blueprint », et confirme que les enregistrements de transactions on-chain peuvent servir de livres principaux pour les transactions de parts, sans duplication off-chain complète, dès lors que des « plans de résilience appropriés » sont en place.

    Le Blueprint a déjà permis d’autoriser le premier UCITS tokenisé du Royaume-Uni (UCITS, dont on rappellera qu’il s’agit du standard européen des fonds réglementés ouverts au grand public, encadré par des règles strictes de liquidité, de transparence et de diversification). Les fonds autorisés peuvent maintenir leur registre sur des réseaux DLT publics si les contrôles répondent aux standards de la FCA, y compris en émettant des unités sur plusieurs blockchains tant que les droits des investisseurs et les frais restent cohérents.

    Direct-to-Fund : la rupture opérationnelle

    La principale innovation du texte porte un nom : Direct-to-Fund, ou D2F. Sous le régime actuel, les Authorised Fund Managers (AFM) agissent comme principaux, maintiennent une « box » d’unités flottantes et opèrent des transactions back-to-back entre le fonds et les investisseurs souscripteurs ou rachetant, un montage qui alourdit les charges opérationnelles, les obligations de client money et les expositions de crédit intermédiaires. Le D2F supprime cette intermédiation : le fonds (ou le dépositaire) émet et annule les unités directement avec les investisseurs, et l’argent circule entre les deux via un compte dédié, l’Issues and Cancellations Account (IAC).

    Le modèle aligne le Royaume-Uni sur les schémas pratiqués en Irlande et au Luxembourg, allège la complexité capitalistique et de client money pesant sur les AFM, et s’imbrique naturellement avec la mécanique tokenisée en éliminant des étapes de mint/burn redondantes. Une convergence qui en dit long sur la bataille pour attirer les véhicules de gestion européens dans un contexte post-Brexit.

    « Nous avons concentré nos efforts sur ce que le marché demandait : un cadre clair et pratique qui donne confiance sur la manière dont la tokenisation des fonds peut opérer dans nos règles », a déclaré Simon Walls, directeur exécutif des marchés à la FCA.

    Côté industrie, l’accueil est favorable. John Allan, directeur de l’unité innovation et opérations chez l’Investment Association, parle d’une avancée concrète pour l’infrastructure des marchés de fonds, saluant une guidance qui apporte de la confiance sur les modèles utilisant des chaînes publiques quand les contrôles sont adéquats, et sur les outils de digital cash pour les besoins opérationnels.

    Une trajectoire au-delà des fonds : digital cash et stablecoins en ligne de mire

    Le PS26/7 dépasse le seul cadre des unités de fonds. La FCA esquisse une trajectoire qui mène des fonds tokenisés actuels aux actifs tokenisés, puis aux flux de trésorerie tokenisés, avec des modèles dans lesquels les investisseurs détiennent leurs parts dans des wallets digitaux et où les gestionnaires utilisent des smart contracts pour les administrer.

    Le régulateur se dit ouvert à des waivers permettant aux fonds d’utiliser du digital cash et des stablecoins pour le règlement et certaines dépenses, et annonce qu’il sollicitera de nouveaux retours en 2026 sur un usage plus large de la DLT dans les marchés wholesale. Un signal politique fort à un moment où la Banque d’Angleterre prépare elle aussi une consultation sur le régime des stablecoins. La pièce manquante est connue : un actif de règlement on-chain crédible. Reste à voir qui, des banques centrales, des banques commerciales ou des émetteurs privés, le fournira en premier.

  • CN

    USDT et IA : Oobit dégaine des cartes Visa pro pour les agents autonomes

    La startup Oobit, dont Tether est l’actionnaire principal, ouvre les cartes Visa professionnelles aux agents IA. Ces nouvelles « Agent Cards » virtuelles permettent à un bot autonome de puiser dans un solde en USDT sans le convertir en fiat, partout où Visa est accepté en ligne.

    Une carte par agent, des plafonds verrouillés

    L’annonce est tombée jeudi. Le principe : donner aux robots logiciels une capacité d’achat réelle « sans leur confier un accès illimité aux identifiants de la carte d’entreprise, ni exiger un humain dans chaque boucle de validation », selon les termes du communiqué d’Oobit.

    « Personne n’a vraiment résolu le problème de responsabilité pour les paiements autonomes », a déclaré Amram Adar, PDG d’Oobit, au média The Block. Pour y répondre, Oobit reprend les codes des cartes corporate destinées aux salariés. Une carte par agent borne l’exposition entre équipes. Plusieurs garde-fous viennent s’ajouter : plafonds par transaction, par marchand, restrictions par catégorie de dépense, sans option de contournement. Chaque opération, qu’elle soit acceptée ou refusée, est consignée dans un rapport de frais automatisé avec un motif lisible par un humain.

    Les Agent Cards intègrent aussi une couche de traitement des paiements connectée à Stripe et à d’autres processeurs. Un agent peut donc gérer des abonnements récurrents ou régler des fournisseurs sans intervention manuelle.

    La course aux paiements pour bots autonomes s’intensifie

    Oobit avance sur un terrain déjà disputé. Coinbase et OKX ont sorti leurs propres outils pour équiper les agents IA de portefeuilles et de capacités de dépense, parfois en leur confiant des flux de travail entiers à titre expérimental. OKX a même publié cette semaine son Agent Payments Protocol, conçu pour gérer un cycle commercial complet, de la négociation au règlement, en passant par l’arbitrage des litiges. Côté infrastructure, Visa Crypto Labs avait déjà lancé en mars un outil en ligne de commande pour permettre aux agents IA de régler des micro-paiements sans clés API.

    « Agent Cards est un premier pas vers une autonomie réelle des opérations financières autonomes, sans perte de contrôle, a ajouté Adar. À mesure que l’e-commerce s’adapte, les agents finiront par opérer entièrement seuls. Nous construisons pour ce moment-là. »

    Tether, en pilotage discret derrière Oobit

    Plus tôt cette année, Oobit avait ouvert ses transferts vers « n’importe quel compte bancaire dans le monde » via les rails SEPA, ACH et SPEI. L’application reste compatible avec les wallets non-custodial comme MetaMask, Trust Wallet ou Phantom, et accepte plus de 25 actifs aux 150 millions de marchands du réseau Visa.

    Côté capital, Tether reste l’actionnaire principal de la startup. Le plus gros émetteur de stablecoins avait piloté le tour de série A de 25 millions de dollars en 2024, et détient une participation majoritaire dans VCI Global, important détenteur du token OOB. Cette structure ancre Oobit dans la stratégie plus large de Tether sur les paiements et l’IA, déjà visible avec le lancement de Tether AI au printemps 2025 et la prédiction du PDG Paolo Ardoino, qui voit un trillion d’agents IA utiliser USDT et Bitcoin pour transiger d’ici quinze ans.

  • CFTC

    Oobit lance des cartes Visa réservées aux agents IA, alimentées en USDT

    Donner une carte bancaire à un bot. Voyons ce que cela donne quand l’idée passe du laboratoire au produit grand public. La fintech Oobit, financée par Tether, lance les Agent Cards : des cartes Visa virtuelles dédiées aux agents IA, alimentées en USDT, et bardées de garde-fous pour empêcher un script ivre de cliquer sur tout ce qui bouge.

    Une carte crypto par bot, avec un mors dans la bouche

    Le principe tient en peu de mots. Chaque agent IA reçoit une seule carte virtuelle, attachée à des plafonds définis par catégorie marchande, par commerçant et par transaction. Pas de carte bis, pas de contournement possible : si le bot tape au-dessus de la limite, le paiement saute. Les opérations validées comme refusées sont consignées et restituées dans des rapports automatisés.

    « La vérité, c’est que personne n’a résolu le problème de la responsabilité pour les paiements autonomes », explique Amram Adar, cofondateur et CEO d’Oobit, dans des propos rapportés par The Block. Cas-école : un agent commande quinze litres de café à 3 heures du matin par erreur d’inférence. Qui paie la note ? Qui assume juridiquement ? Oobit répond par la traçabilité : chaque carte produit un journal complet, et les plafonds servent de coupe-circuit avant l’incident.

    Tether et Oobit, un attelage qui ne doit rien au hasard

    Le choix du cours du Tether comme rail de paiement n’est pas une coïncidence. Tether, qui a mené en 2024 le tour de Série A de 25 millions de dollars d’Oobit aux côtés d’Anatoly Yakovenko (Solana), de CMCC Global et de 468 Capital, est aussi l’actionnaire majoritaire de la fintech. Conséquence pratique : règlements en stablecoin sans détour par la conversion fiduciaire, frais réduits, latence comprimée.

    Sur l’infrastructure, on rappellera qu’Oobit s’appuie sur sa propre couche de paiement décentralisée, DePay, qui connecte des wallets non-custodial au réseau Visa et à ses plus de 150 millions de marchands à l’échelle mondiale. La promesse : faire dépenser un agent IA partout où une carte Visa est acceptée, sans que le commerçant ne change quoi que ce soit à son terminal.

    La course aux paiements agentiques bat son plein

    Oobit n’avance pas sur un terrain vierge. La semaine du lancement a vu OKX dégainer son Agent Payments Protocol (APP), un standard ouvert pour permettre à des agents IA de négocier, payer, mettre des fonds en escrow et gérer les litiges sur plusieurs blockchains, dont Ethereum et Solana. Coinbase pousse son protocole x402 (qui réveille le code HTTP 402 « Payment Required » resté en sommeil pendant deux décennies) avec plus de 100 millions de transactions cumulées et un volume annualisé d’environ 600 millions de dollars selon Cryptopolitan.

    Visa Crypto Labs a sorti en mars un outil en ligne de commande qui permet à des bots de payer sans gérer de clés API. Stripe charge déjà les agents IA en USDC sur Base via le protocole x402. Mastercard a déployé ses Agentic Tokens sur l’infrastructure d’Apple Pay. Côté startups, Crossmint a levé 23,6 millions de dollars en 2025 auprès de Ribbit Capital, Franklin Templeton et Lightspeed Faction pour proposer un headless checkout qui contourne les CAPTCHAs.

    McKinsey estime le commerce agentique entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars de revenus mondiaux d’ici 2030. Le marché des agents IA pèse déjà entre 8,8 et 10,9 milliards de dollars en 2026, avec des projections à 46 milliards de dollars de transactions IA-vers-IA dans les trois ans.

    Du contrôle, pas de la magie

    Que les sceptiques se rassurent : Oobit ne vend pas l’autonomie absolue de demain, mais l’outillage de la transition. Adar le concède d’ailleurs sans détour : « Avec le temps, à mesure que le e-commerce s’adaptera, les agents fonctionneront entièrement seuls. Nous construisons pour ce moment-là. » En attendant, l’humain reste dans la boucle, par les plafonds qu’il fixe et les rapports qu’il consulte. Donner une carte à un bot ne signifie pas lui remettre les clés du coffre, ce qui, sur un marché où 92 % des transactions x402 ont disparu entre décembre 2025 et mars 2026, est probablement la posture la plus saine.

  • C

    XRP en zone FOMO : le partenariat Rakuten enflamme les réseaux, Santiment lève un signal contrariant

    Le XRP fait à nouveau parler de lui sur les réseaux sociaux, et historiquement, c’est rarement bon signe pour son cours à court terme.

    Quand la foule s’enflamme, Santiment se méfie

    D’après les données de Santiment partagées sur X, le ratio entre commentaires positifs et négatifs autour du token de Ripple a grimpé à 3,9 le 29 avril, soit le niveau le plus élevé depuis le 19 mars. Une lecture qui place la cryptomonnaie en pleine “zone FOMO” sur le tracker de la firme d’analyse on-chain. Et ce genre de pic, on l’a déjà vu : il a précédé une correction nette le mois dernier.

    Le principe tient en une ligne. Quand la foule se met à parler d’un actif avec un enthousiasme aussi unilatéral, Santiment y voit un signal contrariant. Les acheteurs portés par la vague sociale finissent par s’épuiser, et le token consolide ou recule dans les jours qui suivent, faute de demande nouvelle pour entretenir la dynamique.

    Rakuten Pay, l’étincelle de la frénésie

    Le déclencheur s’appelle Rakuten Pay. Depuis le 15 avril, l’intégration du XRP dans l’application de paiement du géant japonais permet à quelque 44 millions d’utilisateurs de dépenser le token dans plus de 5 millions de points de vente, de le trader au comptant, et surtout de convertir leurs Rakuten Points en XRP. La cagnotte fidélité du groupe pèse environ 3 000 milliards de points en circulation, soit grosso modo 23 milliards de dollars. De quoi alimenter quelques rêves de re-rating chez les détenteurs, et donner envie aux indécis d’investir sur le rebond espéré.

    Tatsuya Kohrogi, responsable du développement chez Ripple, a qualifié l’opération d’une des étapes les plus importantes de l’histoire du XRP. Le marché, lui, a pris deux semaines pour digérer l’annonce. Le sentiment est monté graduellement avant de pointer cette semaine.

    Le cours fait la sourde oreille

    Côté cours, l’enthousiasme reste théorique. Jeudi, le XRP s’échangeait à 1,37 dollar, en baisse de 2,1 % sur 24 heures et de 3,7 % sur la semaine. Le sentiment chauffe, le prix décroche.

    Santiment avait par ailleurs identifié le 29 mars comme une fenêtre “buy the dip”, quand le ratio plongeait dans la zone FUD avant un rebond. La règle observée tout au long de 2026 : le sentiment de la foule devance le prix de 24 à 72 heures, et les extrêmes ont plus souvent marqué des retournements que des accélérations.

    Une fourchette à casser pour trancher

    Le XRP a passé l’essentiel du mois d’avril coincé entre 1,37 et 1,60 dollar. La sortie franche de cette fourchette, dans un sens ou dans l’autre, tranchera la question : le partenariat Rakuten est-il le point de départ d’une revalorisation durable, ou une énième annonce qui finira par se diluer dans le graphique ?

  • C

    Oobit lance des cartes Visa réservées aux agents IA, alimentées en USDT

    Adossée à Tether, la fintech Oobit lance les Agent Cards : des cartes Visa virtuelles réservées aux agents IA. Ponctionnées sur un solde en USDT, plafonnées et tracées à la transaction près, elles entendent répondre à un casse-tête bien concret : qui assume la responsabilité quand un bot fait les courses ?

    Une carte par bot, et zéro contournement possible

    Le mécanisme tient en quelques règles strictes. Une carte par agent (jamais deux), un solde en USDT débité directement sans repasser par une conversion en monnaie fiduciaire, et un plafond de dépenses paramétrable par catégorie, par marchand et par transaction. Aucun mode « override » : pas de porte de sortie pour gonfler un budget en cours d’exécution, et pas de validation humaine à demander en boucle non plus.

    Chaque opération, validée ou refusée, est enregistrée avec un motif lisible par un humain et déversée dans un rapport de notes de frais automatisé. Les Agent Cards intègrent aussi une couche compatible Stripe, ce qui permet à un agent de gérer un abonnement, de régler un fournisseur ou de cadencer une facturation récurrente. Le tout fonctionne partout où Visa est accepté, soit chez plus de 150 millions de marchands. Cela en fait l’une des premières cartes crypto ouvertement pensées pour des utilisateurs non humains.

    La responsabilité, terre encore en friche

    « La vérité, c’est que personne n’a résolu le problème de la responsabilité pour les paiements autonomes », a déclaré Amram Adar, CEO d’Oobit, à The Block. La phrase n’est pas anecdotique. Coinbase et OKX, deux exchanges majeurs, ont déjà déployé des outils de dépense pour bots, et l’agentic commerce avance à grandes enjambées. Mais la question juridique, elle, reste largement ouverte.

    Qui paie en cas d’achat fautif ? Qui rembourse une dépense hors politique ? Qui répond d’un agent qui aurait sauté un garde-fou ? Ni la réglementation européenne ni les frameworks nord-américains n’ont encore tranché. Adar pousse pourtant sa logique plus loin : « Avec le temps, à mesure que le e-commerce s’adaptera, les agents fonctionneront entièrement seuls. Nous construisons pour ce moment-là. »

    Tether en actionnaire majeur, l’écosystème en arrière-plan

    Le calendrier tombe à pic. Visa a lancé sa propre brique pour le commerce agentique, baptisée Intelligent Commerce Connect, début avril, et Mastercard a déployé Agent Pay courant 2025. Côté crypto, Coinbase pousse son protocole x402, Stripe co-pilote MPP avec Tempo, et Crossmint distribue déjà des cartes virtuelles aux agents IA. Oobit arrive sur un terrain qui se peuple vite, avec un argument propre : la dépense en USDT, sans aller-retour vers le dollar fiat, vers une banque, ni vers une plateforme de change.

    L’autre angle, c’est l’actionnariat. Tether reste le principal actionnaire d’Oobit, ayant mené le tour de Série A à 25 millions de dollars en 2024. Et l’éditeur du USDT possède aussi une participation majoritaire dans VCI Global, la société malaisienne qui a annoncé un investissement de 100 millions de dollars en tokens OOB pour gérer la trésorerie d’Oobit.

    Le maillage va loin. La même fintech avait déjà débloqué plus tôt cette année les transferts vers n’importe quel compte bancaire dans le monde, via le routeur DTR racheté entretemps par Bakkt. Une infrastructure qui s’appuie sur des wallets non-custodiaux et qui dialogue avec les rails bancaires SEPA, ACH ou PIX.

    Reste à voir si l’argument du tout-USDT séduira des trésoriers d’entreprise habitués à des outils plus classiques. Dans un secteur où chaque acteur prétend offrir le bon arbitrage entre autonomie et contrôle, la traction réelle dépendra moins du marketing produit que de la capacité d’Oobit à tenir bon sur la promesse de traçabilité, le jour où le premier litige tombera.

  • Oobit dégaine les Agent Cards : des Visa en USDT pour les IA autonomes

    FTC

    La startup Oobit, adossée à Tether à l’occasion d’une Série A de 25 millions de dollars, vient d’ouvrir un front que peu d’acteurs avaient anticipé : les Agent Cards, des cartes virtuelles Visa alimentées en USDT et taillées pour que les agents d’intelligence artificielle puissent dépenser sans qu’aucun humain ne valide chaque achat. La promesse est limpide : régler un abonnement cloud, payer un fournisseur d’API ou boucler une transaction en ligne, le tout sur les rails de Visa, avec un solde en stablecoin, et derrière le volant, une IA.

    Des cartes Visa avec un cordon court

    L’idée des Agent Cards repose sur un principe simple : confier à un agent IA un instrument de paiement réel, mais bridé. Chaque carte est rattachée à un agent précis, avec des plafonds de dépenses définis par catégorie, par marchand et par transaction. Une IA pourra disposer par exemple d’une enveloppe mensuelle de 100 dollars dédiée à du cloud computing, plafonnée à 10 dollars par paiement. Aucun débordement n’est possible côté agent : la règle vit au niveau de la carte, pas dans le code de l’IA.

    Toutes les transactions, acceptées ou refusées, sont consignées avec un motif lisible par un humain. Pour un trésorier qui voudrait auditer ce que sa flotte d’agents a fait pendant la nuit, c’est la différence entre une boîte noire et un journal de bord. Oobit a par ailleurs branché ses Agent Cards sur Stripe, ce qui permet aux IA de gérer des abonnements et des paiements récurrents sans que l’humain n’ait à intervenir à chaque échéance.

    Le casse-tête de la responsabilité

    Pour Amram Adar, PDG et cofondateur d’Oobit, le verrou du commerce agentique n’a jamais été technique. « Personne n’a résolu le problème de la responsabilité des paiements autonomes », rappelle-t-il. Donner à une IA un accès direct à une carte de débit personnelle, c’est ouvrir la porte à des dépenses non bornées sur une seule session ; le scénario qui terrifie les directeurs financiers et qui freine l’adoption du commerce autonome.

    L’approche d’Oobit consiste à découper l’autonomie en tranches contractuelles : un agent peut agir, mais uniquement dans le périmètre que lui assigne sa carte. Et chaque carte, dont on rappellera qu’elle reste adossée à un solde en USDT et non à une ligne de crédit bancaire, peut être révoquée ou ajustée à la volée. D’après Adar, l’objectif n’est rien de moins que des opérations financières réellement autonomes, sans concession sur le contrôle.

    Une partie déjà bien fournie

    Le timing n’a rien d’anodin. Visa a dévoilé début avril sa plateforme Intelligent Commerce Connect, qui permet à des agents IA de payer sur plusieurs réseaux de cartes. Stripe avait lancé sa Agentic Commerce Suite en décembre 2025, embarquant Etsy, Shopify et plusieurs marketplaces. Mastercard pousse Agent Pay. Coinbase a publié le standard x402 pour des micropaiements déclenchés par des agents. Et un projet comme AgentCard.sh propose déjà des cartes Visa à usage unique pour IA, mais en dollars classiques.

    Sur ce terrain encombré, Oobit joue une carte distinctive : le stablecoin. Là où Visa et Mastercard tokenisent des cartes bancaires traditionnelles, Oobit branche directement les agents sur un solde en USDT. Soit une unité de compte programmable, instantanée et utilisable au-delà des heures d’ouverture des banques. Un détail qui prend tout son sens quand on imagine un agent obligé de payer une API à 3 heures du matin pour boucler une tâche.

    De l’app grand public au stack d’entreprise

    Les Agent Cards prolongent un cap fixé par Oobit en mars 2026 avec le lancement d’Oobit Business, sa plateforme de gestion financière pour entreprises adossée aux stablecoins. La société, fondée en 2017 et désormais soutenue par Tether, CMCC Global, 468 Capital et Anatoly Yakovenko (cofondateur de Solana), revendique plus de 150 millions de marchands Visa accessibles. Son token OOB, listé sur Kraken depuis novembre 2025, sert de couche de fidélisation et de gouvernance pour l’écosystème.

    L’application particulier-grand public, elle, est déjà rodée à la friction zéro : paiement direct depuis un wallet non-custodial, jusqu’à 10 % de cashback, transfert vers un compte bancaire en quelques secondes via SEPA, ACH ou PIX. Avec les Agent Cards, Oobit étend simplement cette logique au seul utilisateur qui ne dort jamais : la machine.

    Reste à savoir si les marchands suivront

    L’enthousiasme des fournisseurs d’infrastructure n’est pas toujours synonyme d’adoption massive. Stripe reconnaissait lui-même dans sa lettre annuelle 2025 que le commerce agentique souffrait d’un excès d’enthousiasme prématuré. OpenAI a fermé son service Instant Checkout en mars 2026, faute de traction côté acheteurs. Walmart a publié des taux de conversion 70 % inférieurs à son site direct sur les paniers passés depuis ChatGPT.

    Les Agent Cards arrivent donc à un point de bascule où l’industrie passe de la promesse à l’épreuve du chiffre d’affaires. La question n’est plus de savoir si les IA peuvent payer, mais qui sera là pour vendre quand elles voudront le faire, et avec quel USDT en garantie. À ce jeu, Oobit ne mise pas seulement sur la rapidité d’exécution des stablecoins, mais sur l’idée plus radicale que la prochaine génération de cartes de paiement ne sera plus dans la poche d’un humain. Elle sera dans le contexte d’un agent.