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Crypto : le fisc recule, les hackers nord-coréens avancent

Une journée en clair-obscur pour les cryptomonnaies. En France, les détenteurs de wallet auto-hébergé peuvent souffler un peu. L’obligation de déclarer chaque année les portefeuilles crypto de plus de 5 000 euros ne verra finalement pas le jour en l’état. Le dispositif, porté à l’Assemblée nationale dans le cadre de la lutte contre les fraudes, visait les portefeuilles gérés sans prestataire de services sur actifs numériques, ou PSAN, c’est-à-dire sans intermédiaire enregistré comme une plateforme régulée.

L’idée était simple sur le papier : donner à la Direction générale des finances publiques une meilleure visibilité sur les fonds détenus hors des exchanges. Simple, donc. Mais aussi franchement intrusif, puisque la self-custody repose précisément sur la maîtrise directe de ses clés privées. Le texte prévoyait une notification de la valeur vénale du portefeuille au-delà de 5 000 euros, seuil assez bas pour transformer une mesure anti-fraude en petite usine déclarative pour beaucoup d’utilisateurs. Le fisc range donc, au moins provisoirement, son mètre-ruban fiscal.

Source : Assemblée nationale

La BCE patiente encore, Bitcoin surveille les taux

Sur le front macroéconomique, la Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés. Le taux des opérations principales de refinancement reste à 2,15 %, celui de la facilité de dépôt à 2 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. C’est la septième réunion consécutive sans mouvement.

Pour les marchés crypto, ce statu quo compte. Des taux plus bas rendent souvent les actifs risqués plus attractifs, Bitcoin compris. Des taux qui restent hauts, eux, prolongent la prudence. La BCE choisit donc l’attente, avec une inflation proche de sa cible de 2 %, mais encore assez sensible aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques pour éviter les grands gestes.

Source : Banque centrale européenne

Corée du Nord : la machine à hacks ne ralentit pas

Plus inquiétant : la Corée du Nord reste au centre des vols crypto à grande échelle. D’après Chainalysis, les groupes liés à Pyongyang ont représenté 76 % des compromissions de services en 2025, avec plus de 2 milliards de dollars volés cette année-là et un total estimé à 6,75 milliards de dollars depuis le début du suivi. La sélection du jour évoque déjà plus de 577 millions de dollars en 2026, ce qui confirme une tendance lourde : moins de petits coups, davantage d’opérations chirurgicales et destructrices.

Ici, pas de folklore Lazarus pour faire joli. Ces attaques financent un État sous sanctions, avec des méthodes qui passent par le phishing ciblé, les faux recrutements, les faux prestataires informatiques et le blanchiment via bridges ou services opaques. Le wallet de l’utilisateur final n’est pas toujours la cible directe, mais quand une plateforme tombe, la casse arrive très vite jusque dans les soldes des clients.

Source : Chainalysis

Stripe ajoute les stablecoins à la trésorerie d’entreprise

Stripe continue, lui, d’installer les stablecoins dans les outils de paiement classiques. Son offre Treasury permet désormais de gérer des fonds en monnaies traditionnelles et en stablecoins, d’envoyer de l’argent à l’international, d’ouvrir des comptes locaux, d’utiliser une carte dédiée et de bénéficier jusqu’à 2 % de cashback sur les achats éligibles.

La nouveauté n’a rien d’un gadget Web3 repeint en communiqué corporate. Stripe vend surtout une promesse très concrète : gérer de la trésorerie mondiale sans attendre trois jours ouvrés qu’un virement décide enfin de traverser une frontière. Les stablecoins, notamment adossés au dollar, deviennent ici une brique de paiement et de liquidité. Moins sexy qu’un memecoin à chien, certes. Beaucoup plus utile.

Source : Stripe

Hyperliquid veut sa part des marchés de prédiction

Dernière pièce du jour : Hyperliquid teste HIP-4, une proposition destinée à intégrer des prediction markets onchain. Le principe consiste à permettre aux utilisateurs de prendre position sur des événements réels, via des contrats d’issue entièrement collatéralisés. En clair : le trader ne parie plus seulement sur le prix d’un actif, mais sur le résultat d’un événement observable.

Polymarket et Kalshi dominent déjà ce terrain, chacun avec son modèle, ses contraintes réglementaires et son public. Hyperliquid arrive avec un avantage différent : une base d’utilisateurs déjà habituée au trading onchain, un carnet d’ordres efficace et un token HYPE qui peut capter une partie de l’activité de la plateforme. On serait presque tenté de parler d’un casino prédictif sous perfusion de carnet d’ordres, mais la formule serait injuste : le produit touche aussi à la formation de prix sur l’information.

La journée se referme donc sur un contraste assez net : l’État français desserre un cran la pression déclarative, pendant que les grandes infrastructures crypto, elles, avancent sur les paiements, les marchés et la sécurité. Le répit fiscal est bon à prendre. La menace nord-coréenne, elle, n’a pas demandé de délai supplémentaire.

Source : CoinDesk

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