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  • Claude

    Récap crypto : Bercy recule sur les wallets, Pyongyang rafle les hacks

    Bercy desserre l’étau, Pyongyang frappe au record. À ce duo d’ouverture s’ajoutent une BCE figée pour la septième fois, une Stripe en pleine offensive stablecoin et une attaque frontale sur Polymarket et Kalshi : la journée du 30 avril 2026 a été chargée.

    France : les wallets self-custody échappent à la déclaration annuelle

    Petit ouf de soulagement pour les détenteurs français de Bitcoin en cold storage. Le 28 avril 2026, la commission mixte paritaire (CMP, l’instance qui réunit députés et sénateurs pour trouver un compromis sur un texte de loi) a écarté l’article 3 quater du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales. Cet article, adopté à l’Assemblée nationale le 9 décembre 2025, voulait obliger tout détenteur de wallet auto-hébergé à déclarer chaque année à l’administration fiscale la valeur de son portefeuille dès que le seuil de 5 000 euros était franchi.

    L’idée avait suscité une opposition massive dans le milieu crypto, l’ADAN (Association pour le développement des actifs numériques) en première ligne. Au-delà de l’aspect bureaucratique, c’est l’argument sécuritaire qui a fini par peser : un fichier centralisé recensant nominativement les détenteurs solvables aurait constitué une cible idéale pour les réseaux qui multiplient les agressions physiques contre les profils crypto en France. La directive européenne DAC 8, qui automatise dès 2026 l’échange d’informations entre administrations fiscales sur les transactions passant par les plateformes régulées, rendait au passage la mesure largement redondante.

    Les votes définitifs des deux chambres sont attendus début mai. Le scénario d’une obligation déclarative spécifique aux wallets privés s’éloigne donc, sans que le dossier soit pour autant définitivement enterré : l’AMLA (Anti-Money Laundering Authority) européenne pourrait relancer le débat à l’échelle communautaire. Le JDC est revenu en détail sur les implications pour les détenteurs.

    BCE : taux maintenus, sept fois de suite

    À Francfort, on temporise. Le 30 avril, le Conseil des gouverneurs de la BCE a maintenu ses trois taux directeurs inchangés pour la septième réunion consécutive : taux de dépôt à 2,00 %, taux de refinancement à 2,15 %, taux marginal de prêt à 2,40 %. Christine Lagarde a précisé que la décision avait été prise à l’unanimité, mais que toutes les options, y compris une hausse, avaient été débattues.

    La donne est inhabituelle : inflation à 3 % en avril dans la zone euro, croissance du PIB à 0,1 % au premier trimestre, et un conflit au Moyen-Orient qui maintient les prix de l’énergie sous tension. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 75 % d’une hausse de taux en juin, pas d’une baisse. Stagflation à l’horizon, et une banque centrale qui marche sur la corde raide.

    Corée du Nord : 577 millions volés en quatre mois, 76 % des pertes mondiales

    Le rapport publié par TRM Labs est sans ambiguïté : 76 % des pertes liées aux hacks crypto sur les quatre premiers mois de 2026 sont attribuables à des groupes liés à la Corée du Nord. Soit environ 577 millions de dollars dérobés. La part de Pyongyang dans le vol crypto mondial est passée de moins de 10 % en 2020-2021 à 22 % en 2022, puis 37 %, 39 %, 64 %, et désormais 76 %. Une trajectoire ascendante qui porte le total cumulé depuis 2017 au-delà de 6 milliards de dollars.

    Deux opérations expliquent l’essentiel de ce bilan. Le 1er avril, Drift Protocol, plateforme de produits dérivés sur Solana, a perdu 285 millions de dollars dans un drain orchestré par un sous-groupe nord-coréen. L’attaque a exploité une fonctionnalité technique de Solana appelée durable nonce, qui permet de pré-signer des transactions et de les diffuser plus tard. Les attaquants avaient en amont passé plusieurs mois en ingénierie sociale, allant jusqu’à organiser des rencontres en personne avec des employés de Drift pour obtenir les pré-autorisations multisig nécessaires.

    Le 18 avril, c’est KelpDAO, un protocole de restaking, qui s’est fait drainer de 292 millions de dollars via une faille dans son bridge LayerZero. Le contrat utilisait un seul vérificateur (DVN, Decentralized Verifier Network) là où plusieurs étaient possibles : il a suffi de compromettre cette source unique pour valider une transaction frauduleuse. L’attaque est attribuée à TraderTraitor, sous-groupe du Lazarus Group. Une partie des fonds, environ 75 millions sur Arbitrum, a pu être gelée à temps. Le reste a été blanchi via THORChain en convertissant les ETH en bitcoins, sans qu’aucun opérateur ne s’y oppose.

    Stripe Treasury : le stablecoin entre par la grande porte

    Annoncée le 29 avril lors de la Stripe Sessions 2026, la nouvelle version de Stripe Treasury consolide ce que le groupe construit depuis le rachat de Bridge en 2025 : une infrastructure de trésorerie capable de stocker des fonds en plus de 25 monnaies fiat et stablecoins, d’envoyer des paiements dans 160 pays via un simple email, et d’émettre une carte Mastercard avec 2 % de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Les soldes en Treasury génèrent par ailleurs des crédits applicables sur les frais de traitement Stripe.

    Le stablecoin n’est plus un module satellite, c’est une brique d’infrastructure. Stripe a annoncé l’extension du dispositif à 41 marchés supplémentaires et un support natif via API pour les agents IA, dans la lignée de son protocole MCP (Model Context Protocol). Le support de 15 monnaies fiat sera ajouté d’ici la fin d’année aux États-Unis et au Royaume-Uni, avec un déploiement prévu en Australie et au Canada.

    Hyperliquid : HIP-4 met la pression sur Polymarket et Kalshi

    La proposition HIP-4 (Hyperliquid Improvement Proposal n° 4) tourne en testnet public depuis quelques jours et vise à intégrer des marchés de prédiction onchain directement dans l’environnement de trading existant de la plateforme. Cross-margining avec les perpetual futures, frais nuls à l’ouverture (Polymarket prélève jusqu’à 2 % sur les paris gagnants), token HYPE qui permet aux traders de capturer une partie de la valeur générée par la plateforme : l’ensemble est calibré pour les whales.

    Le détail qui pique ? HIP-4 a été co-écrit par John Wang, head of crypto chez Kalshi, dans le cadre d’un partenariat annoncé en mars. Autrement dit, Kalshi vient de cosigner la roadmap technique d’un concurrent direct de Polymarket. Selon le chercheur onchain Fleck, 3,3 % des utilisateurs de Polymarket sont déjà actifs sur Hyperliquid, et ces comptes représentent à eux seuls 12 % du volume de Polymarket. HIP-4 leur offre une raison nette de consolider leur activité sur une seule plateforme.

    Aucune date de mainnet n’a été confirmée et plusieurs questions restent ouvertes : gouvernance des marchés, infrastructure d’oracles, gestion des litiges sur les résultats. Polymarket, qui finalise actuellement une levée de 400 millions de dollars sur une valorisation de 15 milliards, n’a probablement pas vu venir le coup d’aussi près.

  • GPT

    Crypto : le fisc recule, les hackers nord-coréens avancent

    Une journée en clair-obscur pour les cryptomonnaies. En France, les détenteurs de wallet auto-hébergé peuvent souffler un peu. L’obligation de déclarer chaque année les portefeuilles crypto de plus de 5 000 euros ne verra finalement pas le jour en l’état. Le dispositif, porté à l’Assemblée nationale dans le cadre de la lutte contre les fraudes, visait les portefeuilles gérés sans prestataire de services sur actifs numériques, ou PSAN, c’est-à-dire sans intermédiaire enregistré comme une plateforme régulée.

    L’idée était simple sur le papier : donner à la Direction générale des finances publiques une meilleure visibilité sur les fonds détenus hors des exchanges. Simple, donc. Mais aussi franchement intrusif, puisque la self-custody repose précisément sur la maîtrise directe de ses clés privées. Le texte prévoyait une notification de la valeur vénale du portefeuille au-delà de 5 000 euros, seuil assez bas pour transformer une mesure anti-fraude en petite usine déclarative pour beaucoup d’utilisateurs. Le fisc range donc, au moins provisoirement, son mètre-ruban fiscal.

    Source : Assemblée nationale

    La BCE patiente encore, Bitcoin surveille les taux

    Sur le front macroéconomique, la Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés. Le taux des opérations principales de refinancement reste à 2,15 %, celui de la facilité de dépôt à 2 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. C’est la septième réunion consécutive sans mouvement.

    Pour les marchés crypto, ce statu quo compte. Des taux plus bas rendent souvent les actifs risqués plus attractifs, Bitcoin compris. Des taux qui restent hauts, eux, prolongent la prudence. La BCE choisit donc l’attente, avec une inflation proche de sa cible de 2 %, mais encore assez sensible aux prix de l’énergie et aux tensions géopolitiques pour éviter les grands gestes.

    Source : Banque centrale européenne

    Corée du Nord : la machine à hacks ne ralentit pas

    Plus inquiétant : la Corée du Nord reste au centre des vols crypto à grande échelle. D’après Chainalysis, les groupes liés à Pyongyang ont représenté 76 % des compromissions de services en 2025, avec plus de 2 milliards de dollars volés cette année-là et un total estimé à 6,75 milliards de dollars depuis le début du suivi. La sélection du jour évoque déjà plus de 577 millions de dollars en 2026, ce qui confirme une tendance lourde : moins de petits coups, davantage d’opérations chirurgicales et destructrices.

    Ici, pas de folklore Lazarus pour faire joli. Ces attaques financent un État sous sanctions, avec des méthodes qui passent par le phishing ciblé, les faux recrutements, les faux prestataires informatiques et le blanchiment via bridges ou services opaques. Le wallet de l’utilisateur final n’est pas toujours la cible directe, mais quand une plateforme tombe, la casse arrive très vite jusque dans les soldes des clients.

    Source : Chainalysis

    Stripe ajoute les stablecoins à la trésorerie d’entreprise

    Stripe continue, lui, d’installer les stablecoins dans les outils de paiement classiques. Son offre Treasury permet désormais de gérer des fonds en monnaies traditionnelles et en stablecoins, d’envoyer de l’argent à l’international, d’ouvrir des comptes locaux, d’utiliser une carte dédiée et de bénéficier jusqu’à 2 % de cashback sur les achats éligibles.

    La nouveauté n’a rien d’un gadget Web3 repeint en communiqué corporate. Stripe vend surtout une promesse très concrète : gérer de la trésorerie mondiale sans attendre trois jours ouvrés qu’un virement décide enfin de traverser une frontière. Les stablecoins, notamment adossés au dollar, deviennent ici une brique de paiement et de liquidité. Moins sexy qu’un memecoin à chien, certes. Beaucoup plus utile.

    Source : Stripe

    Hyperliquid veut sa part des marchés de prédiction

    Dernière pièce du jour : Hyperliquid teste HIP-4, une proposition destinée à intégrer des prediction markets onchain. Le principe consiste à permettre aux utilisateurs de prendre position sur des événements réels, via des contrats d’issue entièrement collatéralisés. En clair : le trader ne parie plus seulement sur le prix d’un actif, mais sur le résultat d’un événement observable.

    Polymarket et Kalshi dominent déjà ce terrain, chacun avec son modèle, ses contraintes réglementaires et son public. Hyperliquid arrive avec un avantage différent : une base d’utilisateurs déjà habituée au trading onchain, un carnet d’ordres efficace et un token HYPE qui peut capter une partie de l’activité de la plateforme. On serait presque tenté de parler d’un casino prédictif sous perfusion de carnet d’ordres, mais la formule serait injuste : le produit touche aussi à la formation de prix sur l’information.

    La journée se referme donc sur un contraste assez net : l’État français desserre un cran la pression déclarative, pendant que les grandes infrastructures crypto, elles, avancent sur les paiements, les marchés et la sécurité. Le répit fiscal est bon à prendre. La menace nord-coréenne, elle, n’a pas demandé de délai supplémentaire.

    Source : CoinDesk

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  • 30 avril, récap crypto : la France lâche prise sur les wallets, Pyongyang rafle la mise

    Soulagement d’un côté, vertige de l’autre. À Paris, la commission mixte paritaire enterre la déclaration fiscale annuelle des wallets auto-hébergés et les détenteurs français de Ledger ou MetaMask soufflent. À Francfort, la BCE fait du surplace mais discute pour la première fois sérieusement d’une hausse de taux. Et pendant ce temps, TRM Labs chiffre à 76 % la part nord-coréenne dans les pertes crypto de l’année.

    Wallets auto-hébergés : la France remballe son formulaire

    C’était le caillou dans la chaussure des bitcoiners français depuis décembre. La commission mixte paritaire (CMP), réunie le 28 avril, n’a pas repris l’article 3 quater du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Concrètement, l’idée d’imposer une déclaration annuelle au fisc pour tout portefeuille crypto auto-hébergé dépassant 5 000 euros vient d’être balayée.

    Pour mémoire, le texte voté le 7 avril à l’Assemblée nationale visait la simple détention sur un wallet en self-custody, sans attendre une cession taxable, ce qui aurait constitué une rupture nette avec la logique fiscale française. L’opposition est venue notamment de l’ADAN (Association pour le développement des actifs numériques), qui a mené plusieurs semaines de discussions avec les cabinets ministériels pour pointer le caractère inopérant et risqué du dispositif. Résultat : pour les utilisateurs de Ledger, MetaMask ou Trezor, le répit est immédiat.

    Le législateur s’est rangé à un raisonnement simple : la directive européenne DAC 8 entre en vigueur en 2026 et impose déjà aux plateformes régulées un échange automatique d’informations. Empiler une obligation déclarative purement nationale sur les détenteurs en self-custody apparaissait à la fois redondant et perçu comme un fichage des particuliers. La CMP a tranché : pas cette année.

    BCE : statu quo de surface, débat de fond

    Le statu quo n’a pas tout dit. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, pour la septième réunion consécutive : 2,00 % pour la facilité de dépôt (dont on rappellera qu’elle reste le taux de référence le plus suivi par les marchés), 2,15 % pour les opérations principales de refinancement, 2,40 % pour la facilité de prêt marginal.

    Christine Lagarde a précisé que la décision avait été prise à l’unanimité, tout en reconnaissant qu’une hausse de taux avait été longuement discutée par le Conseil des gouverneurs. L’inflation en zone euro est remontée à 3,0 % sur un an en avril (contre 2,6 % en mars), dans un environnement marqué par un baril de pétrole proche de 125 dollars (un sommet de quatre ans) et un conflit au Moyen-Orient qui dure. Les marchés financiers anticipent désormais une première hausse en juin, suivie d’au moins deux autres dans l’année.

    Pour les actifs risqués, dont la crypto, l’horizon n’est plus celui d’un assouplissement à venir mais d’un possible resserrement à l’automne.

    Drift, KelpDAO : Pyongyang rafle 76 % du butin crypto 2026

    Une concentration sans précédent. D’après le rapport publié le 30 avril par TRM Labs, les groupes liés à la République populaire démocratique de Corée concentrent 76 % des pertes liées aux hacks crypto sur les quatre premiers mois de 2026, soit environ 577 millions de dollars. Le total provient de deux opérations seulement, qui ne représentent que 3 % des incidents recensés sur la période.

    Le 1er avril, Drift Protocol perd 285 millions de dollars dans une attaque qui combine ingénierie sociale prolongée (rencontres physiques entre des proxys nord-coréens et des employés de Drift sur plusieurs mois) et exploitation du durable nonce, un mécanisme propre à Solana qui permet de pré-signer des transactions diffusées plus tard. Le 18 avril, KelpDAO se fait drainer 116 500 rsETH (environ 292 millions de dollars) via une faille de son bridge LayerZero : les attaquants compromettent deux nœuds RPC internes, lancent un déni de service contre les nœuds externes pour forcer le verifier unique du bridge à s’appuyer sur les données empoisonnées, et déclenchent un transfert frauduleux validé comme légitime côté chaîne source.

    Le contrecoup déborde le seul protocole touché. Selon Coindesk, l’incident KelpDAO a provoqué l’une des plus grandes vagues de retraits de l’histoire de la DeFi, avec environ 13 milliards de dollars sortis des plateformes de prêt en quarante-huit heures, dont 8,54 milliards rien que sur Aave, qui se retrouve avec une dette douteuse proche de 200 millions de dollars, épongée pour partie par 300 millions de pledges de l’industrie. Sur la période 2017-2026, TRM estime désormais à plus de 6 milliards de dollars le total cumulé attribué à Pyongyang, dont la part dans les hacks crypto est passée de moins de 10 % en 2020 à 22 % en 2022, 64 % en 2025, et 76 % début 2026.

    Le mode opératoire a changé : moins d’attaques, mieux ciblées, à très haut rendement par incident. Et désormais, soupçonnent les analystes de TRM, possiblement assistées par des outils d’IA pour la phase de reconnaissance et d’ingénierie sociale.

    Stripe Treasury : les stablecoins entrent dans la trésorerie d’entreprise

    Pas de grande déclaration sur l’adoption. Lors de Stripe Sessions le 29 avril, l’entreprise a annoncé une nouvelle version de Stripe Treasury, son compte d’entreprise programmable. Les sociétés peuvent désormais détenir et gérer leurs fonds en plusieurs devises fiat et en stablecoins, envoyer un paiement par simple email vers 160 pays via les rails stablecoins, et accéder à une carte Mastercard de dépense avec 2 % de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Les transferts entre entreprises Stripe américaines deviennent instantanés et gratuits.

    Détail technique : Stripe s’appuie sur l’infrastructure de Bridge, racheté début 2025, et propose des comptes financiers agent-ready, c’est-à-dire pilotables par des agents IA via la couche Stripe MCP, avec confirmation humaine pour les actions sensibles. Le ton n’est plus à l’évangélisation : pour Stripe, le stablecoin est devenu un rail de paiement comme un autre, taillé pour les trésoriers et les équipes finance.

    HIP-4 : Hyperliquid attaque, Kalshi tient la torche

    Hyperliquid attaque, et choisit son camp. La plateforme a publié le 29 avril la structure tarifaire de HIP-4, sa proposition pour intégrer les prediction markets (marchés de paris sur événements réels) à son architecture de trading. Le mécanisme : des contrats outcome entièrement collatéralisés, qui ne sont pas des perpétuels mais des contrats binaires expirant à 0 ou 1 selon que l’événement se produit ou non (élection, statistique macro, score sportif). Aucun frais à l’ouverture, frais uniquement à la clôture ou au règlement.

    La cible est claire : Polymarket et Kalshi, les deux poids lourds du créneau. Sauf que la proposition HIP-4 a été co-écrite par John Wang, head of crypto chez Kalshi, et que Hyperliquid a formalisé un partenariat avec Kalshi en mars dernier. Polymarket se retrouve seul face à un adversaire qui combine une infrastructure de trading déjà testée à grande échelle (219 milliards de dollars de volume sur Hyperliquid en mars 2026), un token natif (HYPE) qui distribue de la valeur aux utilisateurs, et un allié régulé aux États-Unis.

    Les chiffres internes de Polymarket commencent à raconter quelque chose d’embarrassant : selon le chercheur on-chain Fleck, 3,3 % de ses utilisateurs sont déjà actifs sur Hyperliquid et représentent près de 12 % de son volume total. Si HIP-4 atteint le mainnet à grande échelle (aucune date n’est confirmée), ce sont les whales qui ont le plus de raisons de rapatrier toute leur activité dans un seul compte de marge.

    Cinq dossiers en une journée, et un fait certain pour les Français en self-custody : c’est un formulaire en moins.

  • Crypto : la France desserre l’étau, Stripe avance, Hyperliquid change de terrain

    Journée dense. Entre un recul législatif à Paris, une BCE qui laisse le coût de l’argent inchangé et des acteurs privés qui poussent plus loin l’intégration des stablecoins, le 30 avril a surtout raconté une même chose : la crypto continue de se frotter au monde réel, qu’il s’agisse de fiscalité, de paiements ou de marchés onchain. Ce récap remet les infos dans l’ordre de leur importance, avec les chiffres vérifiés au passage.

    La France recule sur les wallets auto-hébergés

    La commission mixte paritaire a supprimé la disposition qui aurait imposé une déclaration annuelle au fisc pour les portefeuilles crypto auto-hébergés de plus de 5 000 euros. Le sujet n’était pas anodin : le texte adopté début avril visait bien la simple détention sur un wallet en self-custody, sans attendre une cession taxable, ce qui aurait marqué un changement net dans la logique fiscale française. Pour les utilisateurs de Ledger, MetaMask ou Trezor, le répit est donc immédiat, même si le débat sur la traçabilité des avoirs crypto n’a évidemment pas disparu avec cet article supprimé.

    La BCE maintient ses taux

    La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux des opérations principales de refinancement à 2,15% et un taux de prêt marginal à 2,40%. Plusieurs sources évoquent bien une septième réunion consécutive sans changement, mais le chiffre de 2,15% avancé dans la brève du Slack correspond au taux principal de refinancement, pas au taux de dépôt qui reste la référence la plus suivie par les marchés. Pour le marché crypto, ce statu quo prolonge surtout un environnement monétaire plus lisible qu’au temps des hausses à répétition, même si la BCE souligne aussi une montée des risques sur l’inflation et la croissance en zone euro.

    Les hacks nord-coréens pèsent déjà lourd

    D’après TRM Labs, des groupes liés à la Corée du Nord concentrent 76% des pertes liées aux hacks crypto depuis le début de 2026, avec environ 577 millions de dollars volés à fin avril. Ce total provient principalement de deux attaques, contre Drift Protocol le 1er avril pour 285 millions de dollars et contre KelpDAO le 18 avril pour 292 millions, soit très peu d’incidents pour une part écrasante de la valeur dérobée. Et sur la période 2017-2026, TRM estime que les opérations attribuées à Pyongyang dépassent désormais 6 milliards de dollars, un chiffre qui suffit à rappeler que le cybercrime d’État n’a plus grand-chose d’un bruit de fond dans la crypto.

    Stripe muscle sa trésorerie en stablecoins

    Stripe a annoncé une extension de son offre Treasury permettant aux entreprises de détenir et gérer des fonds en devises fiat et en stablecoins, avec des paiements transfrontaliers couverts dans jusqu’à 160 pays via les rails stablecoins. La société met aussi en avant une carte de dépense associée avec jusqu’à 2% de cashback sur les achats éligibles, ainsi que des transferts instantanés entre entreprises Stripe aux États-Unis. Dit autrement, Stripe continue d’installer les stablecoins dans l’infrastructure de paiement quotidienne, loin des grands sermons sur “l’adoption”, avec un produit qui parle surtout aux trésoriers et aux équipes finance.

    Hyperliquid teste HIP-4 pour les prediction markets

    Hyperliquid teste actuellement HIP-4, une proposition qui permettrait à des utilisateurs de créer sur la plateforme des contrats perpétuels adossés à des événements du monde réel, comme une élection, une statistique macroéconomique ou un score sportif. Techniquement, l’idée consiste à faire entrer les prediction markets dans l’architecture de trading déjà utilisée par Hyperliquid, avec une gestion unifiée des positions et du collatéral depuis un même compte onchain. La cible est limpide : Polymarket et Kalshi, deux noms déjà bien installés sur ce créneau, même si Hyperliquid arrive avec une base de traders et une liquidité qui peuvent vite changer l’équation.

    Fin de journée, donc, sans grand frisson macro mais avec plusieurs signaux concrets sur la manière dont la crypto s’insère, se régule et se dispute ses prochains marchés. Et pour une fois, le wallet auto-hébergé français échappe au formulaire de trop.

  • Crypto : fiscalité française, Stripe et Hyperliquid secouent la fin de mois

    Journée dense. Entre un recul politique en France, une offensive de Stripe sur les stablecoins et Hyperliquid qui lorgne les marchés de prédiction, le 30 avril a brassé à la fois la régulation, l’infrastructure et la spéculation pure. Pour un lecteur crypto, l’intérêt est là : ce sont trois façons très différentes de toucher au même nerf, celui de la circulation de la valeur, entre wallet personnel, rails de paiement et paris onchain.

    La France retire la déclaration des wallets auto-hébergés

    Recul du fisc. La disposition qui devait imposer une déclaration annuelle des portefeuilles crypto auto-hébergés au-delà de 5 000 euros a finalement été supprimée du texte, alors qu’elle avait été introduite plus tôt dans le projet de loi sur la fraude fiscale et sociale. Concrètement, cela aurait visé les wallets en self-custody, qu’il s’agisse d’un hardware wallet type Ledger ou d’un wallet non custodial comme MetaMask, avec une logique proche de la déclaration des comptes détenus sur des plateformes étrangères. Le retrait soulage un secteur qui dénonçait à la fois une mesure intrusive, difficile à appliquer techniquement et mal calibrée.

    La BCE ne bouge pas

    Statu quo monétaire. La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux de refinancement principal à 2,15% et une facilité de prêt marginal à 2,40%. Point utile à préciser : le chiffre de 2,15% cité dans la brève correspond au taux de refinancement principal, pas au taux de dépôt, qui reste le repère le plus suivi par les marchés. Pour le marché crypto, pas de surprise immédiate côté euro ce jeudi.

    Pyongyang reste au centre des hacks

    Poids lourd, encore. Des groupes liés à la Corée du Nord auraient concentré 76% des pertes liées aux hacks crypto depuis le début de 2026 jusqu’à fin avril, avec environ 577 millions de dollars volés sur deux attaques attribuées. Le total cumulé dépasserait désormais 6 milliards de dollars depuis 2017. Le tableau reste le même : peu d’attaques, mais des opérations lourdes, préparées sur la durée, très loin du petit exploit opportuniste bricolé à la va-vite.

    Stripe muscle sa trésorerie en stablecoins

    Virage très concret pour les paiements. Stripe a profité de sa conférence Sessions 2026 pour élargir Stripe Treasury, désormais pensé comme un compte global pour entreprises permettant de conserver des fonds dans plusieurs devises et stablecoins, de payer dans de nombreux pays, d’utiliser une carte dédiée et de toucher jusqu’à 2% de cashback. Dans le détail, la promesse mélange gestion de trésorerie, paiements transfrontaliers et rewards sur les soldes. En clair, les stablecoins avancent ici non comme produit d’appel, mais comme brique opérationnelle de la finance d’entreprise.

    Hyperliquid veut sa part des marchés de prédiction

    Nouveau terrain de jeu. Hyperliquid teste HIP-4, une proposition destinée à intégrer des marchés de prédiction onchain sur des événements du monde réel. Le mécanisme est simple dans son principe : les utilisateurs prennent position sur une issue, puis le marché est réglé une fois le résultat connu via une source de résolution définie à l’avance. La plateforme vise clairement un segment déjà occupé par Polymarket et Kalshi, avec l’idée d’étendre son activité au-delà du trading perpétuel.

    Fin de mois nerveuse. Entre le politique qui recule, les stablecoins qui s’installent dans les tuyaux du paiement et les marchés de prédiction qui continuent de gagner du terrain, l’industrie reste fidèle à ses habitudes.

    Incohérences ou points à signaler : dans la brève BCE, 2,15% désigne le taux de refinancement principal, pas le taux de dépôt ; dans la brève Stripe, le périmètre exact entre paiements fiat et stablecoins méritait d’être distingué plus clairement ; aucune brève n’a été retirée du récap.

  • Bercy recule, Pyongyang frappe : récap crypto du 30 avril

    Journée à deux visages. La France enterre son projet de déclaration des wallets auto-hébergés au moment où la Corée du Nord rafle 76% des hacks crypto de l’année avec deux attaques seulement. En parallèle, Stripe pose les fondations d’une trésorerie business nativement stablecoin et Hyperliquid s’invite dans la cour des prediction markets.

    Wallets self-custody : la France fait machine arrière

    La commission mixte paritaire a écarté le 28 avril l’article 3 quater du projet de loi contre les fraudes fiscales, qui imposait une déclaration annuelle pour tout wallet auto-hébergé dépassant 5 000 euros. L’amendement, voté en première lecture début avril avec 363 voix, créait une obligation inédite en Europe sur des portefeuilles que l’administration n’a aucun moyen technique de vérifier. La mobilisation de l’ADAN a pesé, dans un pays qui recense plus de 40 enlèvements liés à la crypto depuis janvier : un fichier centralisant noms, adresses et montants détenus aurait offert une cible toute trouvée. Le cadre européen DAC8, opérationnel depuis le 1er janvier 2026, prend le relais sur la transparence des plateformes régulées.

    Pyongyang signe 76% des pertes crypto en 2026

    Selon un rapport TRM Labs publié hier, les groupes liés à la Corée du Nord sont à l’origine de 577 millions de dollars de pertes crypto sur les quatre premiers mois de 2026, soit 76% du total mondial. Le chiffre tient à deux attaques : 285 millions sur Drift Protocol le 1er avril, exploitant le mécanisme de durable nonce de Solana après plusieurs mois de social engineering ; et 292 millions sur KelpDAO le 18 avril, via une faille du verifier unique d’un bridge LayerZero. Une partie des fonds, environ 175 millions en ETH, a déjà été convertie en BTC via THORChain, protocole cross-chain sans KYC. La part nord-coréenne dans les pertes crypto est passée de 22% en 2022 à 76% en 2026, pour un cumul désormais supérieur à 6 milliards de dollars depuis 2017.

    Stripe lance sa trésorerie multi-devises et stablecoins

    Annoncé le 29 avril à la conférence Sessions, Stripe Treasury permet aux entreprises de détenir des fonds en plusieurs devises et stablecoins (USDC et USDB de Bridge, filiale de Stripe), de payer dans 160 pays via stablecoins, et d’obtenir une carte Mastercard avec 2% de cashback sur les achats éligibles aux États-Unis. Trois mois après le rachat finalisé de Bridge, Stripe consolide sa position d’infrastructure stablecoin pour entreprises, avec un support promis pour 15 devises fiat d’ici fin 2026 et un déploiement en Australie et au Canada. L’acteur qui a traité 1 400 milliards de dollars de volume de paiement en 2024 normalise un peu plus l’usage business des stablecoins.

    BCE : statu quo malgré une inflation qui remonte

    La Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés pour la 7e réunion consécutive, avec un taux de refinancement à 2,15% et un taux de dépôt à 2%. Décision unanime, mais Christine Lagarde a précisé qu’une hausse avait été longuement discutée alors que l’inflation en zone euro a accéléré à 3% en avril, soutenue par un baril proche de 125 dollars sur fond de conflit au Moyen-Orient. Les marchés anticipent désormais une hausse de 25 points en juin, ce qui marquerait un retournement de cycle après la séquence de baisses 2024-2025. Pour les actifs risqués, crypto comprise, le statu quo n’est probablement que temporaire.

    Hyperliquid attaque Polymarket sur les prediction markets

    Le DEX Hyperliquid teste sur testnet HIP-4, une proposition qui permettrait de trader des contrats binaires sur des événements réels (élections, macro, sports) directement dans le même margin account que les perpetuals. La structure tarifaire prévoit des frais nuls à l’ouverture, appliqués uniquement à la clôture ou au settlement, contre les 2% prélevés par Polymarket sur les paris gagnants. Détail piquant : la proposition est co-signée par John Wang, head of crypto chez Kalshi, dans le cadre du partenariat annoncé en mars entre les deux plateformes. Le secteur des prediction markets a vu son volume bondir de plus de 300% en 2025 pour atteindre 63,5 milliards de dollars.

    Bilan provisoire : Bercy lâche du lest, Stripe normalise les stablecoins en trésorerie business, et la DeFi continue de financer ses propres factures de sécurité en milliards. Le secteur avance, rarement sur le même pied.

  • Récap du 30 avril 2026 : la France lâche les wallets auto-hébergés, la Corée du Nord rafle 76 % des hacks de l’année

    Journée pleine pour le secteur. Le Parlement français a finalement écarté l’obligation de déclarer les wallets auto-hébergés au-dessus de 5 000 euros, TRM Labs publie un bilan accablant sur la mainmise nord-coréenne sur les hacks 2026, et l’industrie traditionnelle avance ses pions sur les stablecoins comme sur les marchés de prédiction onchain. Cinq brèves à retenir.

    Wallets auto-hébergés : la France fait machine arrière

    La commission mixte paritaire réunie le 28 avril a supprimé l’article 3 quater du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Ce texte, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en décembre 2025, prévoyait l’obligation pour les détenteurs de portefeuilles auto-hébergés (type Ledger, MetaMask) dépassant 5 000 euros de les déclarer chaque année au fisc. La mesure avait suscité une opposition forte de l’ADAN et d’une partie de l’industrie, qui pointaient un dispositif techniquement invérifiable et la constitution d’un fichier centralisé de détenteurs jugée à risque. Les votes définitifs attendus début mai devraient entériner ce retrait.

    76 % des pertes liées aux hacks crypto 2026 attribuées à la Corée du Nord

    Selon le rapport publié hier par TRM Labs, des groupes liés à Pyongyang ont siphonné environ 577 millions de dollars sur les quatre premiers mois de 2026, soit 76 % des pertes mondiales liées aux hacks crypto sur la période. Le bilan se concentre sur deux attaques d’avril : Drift Protocol, exchange perpetuel sur Solana (285 M$ le 1er avril, après des mois d’ingénierie sociale), et KelpDAO (292 M$ le 18 avril, via l’exploitation d’un bridge LayerZero à vérificateur unique). Ces deux incidents ne représentent que 3 % du nombre total de hacks recensés cette année. Le total attribué à la Corée du Nord depuis 2017 dépasse désormais 6 milliards de dollars, avec une part en progression continue : moins de 10 % en 2020, 64 % en 2025, 76 % à fin avril 2026.

    Stripe muscle son offre trésorerie multi-devises et stablecoins

    Lors de la conférence Stripe Sessions du 29 avril, le processeur de paiements a présenté la nouvelle version de Stripe Treasury. Les entreprises peuvent désormais détenir des fonds en plusieurs devises et en stablecoins (USDC et USDB, ce dernier émis par Bridge, filiale de Stripe), envoyer des paiements vers 160 pays via une simple adresse email, et bénéficier de transferts instantanés gratuits entre entreprises Stripe aux États-Unis. Une carte Stripe émise par Mastercard avec 2 % de cashback sur les achats éligibles complète l’offre, réservée pour l’instant aux utilisateurs américains. Le support de 15 devises est annoncé pour la fin 2026 sur les comptes US et UK.

    Hyperliquid teste HIP-4 et vise frontalement Polymarket et Kalshi

    Le DEX Hyperliquid a publié la structure de frais des “outcome tokens” rattachés à sa proposition HIP-4, déjà active sur testnet sans date de mainnet confirmée. La proposition, co-écrite avec John Wang (head of crypto chez Kalshi), permettra de trader des contrats binaires sur des événements réels (élections, événements macro, prix d’actifs) depuis le même compte de marge que les perpetuals crypto, avec cross-margining. Le modèle est zero-fee à l’ouverture, les frais ne s’appliquant qu’à la clôture ou au règlement, contre jusqu’à 2 % chez Polymarket. Selon les chiffres cités dans la proposition, le secteur des marchés de prédiction a vu son volume bondir de plus de 300 % en 2025 pour atteindre 63,5 milliards de dollars.

    BCE : statu quo monétaire pour la septième réunion consécutive

    Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a maintenu ses trois taux directeurs inchangés ce 30 avril : taux de refinancement à 2,15 %, taux de dépôt à 2,00 %, taux de prêt marginal à 2,40 %. Il s’agit de la septième réunion consécutive sans modification depuis la dernière baisse de juin 2025. La décision intervient malgré une accélération de l’inflation à 3,0 % sur un an en avril selon les données préliminaires d’Eurostat, dans un contexte de baril de pétrole proche des 125 dollars. Christine Lagarde a indiqué qu’une hausse de taux avait été “longuement” discutée, et les marchés monétaires anticipent désormais un relèvement dès juin.

    Cinq brèves, cinq directions : régulateurs en retrait sur le suivi des wallets, cybercriminalité étatique au sommet, adoption institutionnelle des stablecoins qui s’élargit, et innovation onchain qui pousse sur de nouveaux segments. La frontière entre crypto et finance traditionnelle continue de bouger sur tous les fronts à la fois.

  • Bitcoin : Une IA pour lutter contre le FUD et les fausses informations

    Désinformation tenace, riposte automatisée. Le secteur des cryptomonnaies reste un terrain fertile pour les rumeurs, et les médias traditionnels n’hésitent pas à les relayer. Souvenez-vous : en août 2024, la fausse information selon laquelle le gouvernement américain aurait liquidé 40 000 BTC s’était propagée en quelques heures à peine. Pour endiguer ces dérapages chroniques, la plateforme éducative Bitcoin Beyond 66 vient de dégainer un outil basé sur l’intelligence artificielle.

    Une base de preuves générée par IA pour défendre Bitcoin

    L’outil s’appelle The Bitcoin Evidence Base. Il a été co-construit par le groupe nordique Bitcoin Beyond 66 et l’analyste environnemental Daniel Batten, figure connue pour son plaidoyer en faveur du minage propre. Sa promesse tient en une phrase : générer en quelques secondes une réponse argumentée et sourcée à n’importe quelle critique formulée à l’encontre de Bitcoin, qu’elle porte sur l’impact environnemental, la consommation énergétique ou le rôle de l’actif dans le système financier.

    Concrètement, l’utilisateur copie un commentaire glané sur les réseaux sociaux ou colle un lien vers une publication, et l’outil renvoie un texte prêt à publier. Mieux : la réponse s’adapte au format de la plateforme visée, X, LinkedIn ou Facebook. Trois tons sont également proposés selon le destinataire et le degré de tension du fil de discussion : direct, équilibré ou doux.

    L’arsenal documentaire mobilisé n’a rien d’anecdotique. La base puise dans plus de vingt-deux études évaluées par les pairs, dans les données du gestionnaire de réseau texan ERCOT et, surtout, dans le dernier rapport du Cambridge Centre for Alternative Finance publié le 28 avril 2025. Ce dernier établit que 52,4 % de l’énergie consommée par le mining Bitcoin provient désormais de sources durables, dont 42,6 % de renouvelables et 9,8 % de nucléaire. Le charbon, lui, s’est effondré de 36,6 % en 2022 à 8,9 % aujourd’hui.

    Convaincre plutôt que gagner : la stratégie du FUD inversé

    Le FUD (dont on rappellera qu’il désigne dans le jargon crypto l’acronyme de Fear, Uncertainty, Doubt, soit la peur, l’incertitude et le doute, généralement diffusés à dessein pour faire chuter un actif) constitue le bruit de fond permanent de l’écosystème. La promesse de Bitcoin Beyond 66 ne se limite pas à fournir des munitions chiffrées : l’équipe revendique une approche bâtie sur le « playbook de communication » de Daniel Batten, articulé autour du couple preuves et empathie.

    L’idée est volontairement contre-intuitive : reconnaître d’abord ce qu’il y avait de fondé dans la critique adverse, avant d’en corriger les angles morts. « Si vous tentez de “posséder” quelqu’un dans un débat, vous activez ses défenses et vous n’obtenez rien », résume le collectif sur son site. Une posture qui tranche avec la culture habituelle de la riposte sur X, où la victoire dialectique prime souvent sur la pédagogie.

    Reste une question que l’outil ne résout pas vraiment. Lorsque chaque camp dispose d’un générateur automatisé d’arguments adaptés à son auditoire, la conversation publique devient-elle plus éclairée, ou simplement mieux munitionnée ?

  • Cap réglementaire pour la finance tokenisée britannique. La Financial Conduct Authority (FCA) a publié jeudi sa guidance finale sur la tokenisation des fonds, dans le policy statement PS26/7, qui clarifie l’usage de la distributed ledger technology (DLT) dans le cadre réglementaire existant. Le texte entre en vigueur immédiatement et trace, en filigrane, la feuille de route numérique du gendarme financier londonien.

    Le pari britannique : intégrer la blockchain au régime existant

    Le Royaume-Uni compte environ 2 600 sociétés de gestion supervisant 16 500 milliards de livres d’actifs. Un poids lourd mondial qui n’entend pas céder de terrain face à Dublin, Luxembourg ou Singapour sur le terrain de la modernisation des infrastructures de marché.

    Plutôt que de bâtir une sandbox expérimentale séparée, la FCA a tranché pour l’intégration. Le PS26/7 autorise les sociétés à tenir leurs registres d’investisseurs sur DLT via le modèle « Blueprint », et confirme que les enregistrements de transactions on-chain peuvent servir de livres principaux pour les transactions de parts, sans duplication off-chain complète, dès lors que des « plans de résilience appropriés » sont en place.

    Le Blueprint a déjà permis d’autoriser le premier UCITS tokenisé du Royaume-Uni en janvier 2025 (UCITS, dont on rappellera qu’il s’agit du standard européen des fonds réglementés ouverts au grand public, encadré par des règles strictes de liquidité, de transparence et de diversification). Les fonds autorisés peuvent maintenir leur registre sur des réseaux DLT publics si les contrôles répondent aux standards de la FCA, y compris en émettant des unités sur plusieurs blockchains, à condition que les droits des investisseurs et les frais restent cohérents.

    Direct-to-Fund : la rupture opérationnelle

    La principale innovation porte un nom : Direct-to-Fund, ou D2F. Sous le régime actuel, les Authorised Fund Managers (AFM) agissent comme principaux, utilisent une box d’unités pour gérer souscriptions et rachats, et créent au passage des expositions intermédiaires entre l’investisseur et le fonds. Un montage qui alourdit les charges opérationnelles, les obligations de client money et les coûts de mise en conformité.

    Le D2F supprime cette intermédiation : le fonds ou son dépositaire devient la contrepartie directe des transactions des investisseurs. Les opérations passent par une étape unique, l’émission ou l’annulation d’unités contre mouvement de cash. Cet argent transite par un compte dédié, l’Issues and Cancellations Account (IAC), et reste juridiquement qualifié de scheme property du fonds. Le modèle aligne le Royaume-Uni sur les pratiques en vigueur en Irlande et au Luxembourg, allège la complexité capitalistique pesant sur les AFM, et s’imbrique avec la mécanique tokenisée en éliminant des étapes de mint/burn redondantes.

    Le régulateur lui-même chiffre les économies opérationnelles nettes entre 27 et 57 millions de livres sur dix ans pour l’ensemble du marché. Pas un raz-de-marée, mais un signal calibré dans la bataille post-Brexit pour attirer les véhicules de gestion européens.

    Nous nous sommes concentrés sur ce que le marché demandait : un cadre clair et pratique qui donne confiance dans la manière dont la tokenisation des fonds peut opérer dans nos règles, aujourd’hui et à l’avenir.

    Simon Walls, directeur exécutif des marchés à la FCA, résume ainsi la philosophie du texte. Côté industrie, John Allan, directeur de l’unité innovation et opérations à l’Investment Association, salue une avancée concrète pour l’infrastructure des marchés de fonds, qui apporte de la confiance sur les modèles utilisant des chaînes publiques quand les contrôles sont adéquats, ainsi que sur les outils de digital cash pour les besoins opérationnels.

    Au-delà des fonds : stablecoins et digital cash en ligne de mire

    Le PS26/7 ne s’arrête pas aux unités de fonds. Le texte se positionne à l’étape une d’un parcours plus large : étape deux, les titres traditionnels migrés on-chain ; étape trois, les flux de trésorerie tokenisés permettant la gestion de portefeuille via wallets et smart contracts.

    Le régulateur se dit ouvert à des waivers permettant aux fonds d’utiliser du digital cash et des stablecoins pour le règlement et certaines dépenses, et annonce qu’il sollicitera de nouveaux retours en 2026 sur un usage plus large de la DLT dans les marchés wholesale. Le calendrier s’imbrique avec celui du régime crypto britannique complet, qui doit entrer en vigueur en octobre 2027 et couvrira émission de stablecoins, trading, custody et staking.

    La pièce manquante est connue : un actif de règlement on-chain crédible. Banques centrales, banques commerciales ou émetteurs privés de stablecoins, celui qui le fournira en premier avec la robustesse exigée par les régulateurs prendra une longueur d’avance. Vlad Tenev, le patron de Robinhood, comparait en octobre dernier au Token2049 la tokenisation à un train de marchandises impossible à arrêter, prédisant que la plupart des grands marchés disposeront d’un cadre dédié sous cinq ans. Avec le PS26/7, Londres signale qu’elle préfère poser ses propres rails plutôt que voir l’industrie se structurer ailleurs.

  • Désinformation chronique. Le FUD (Fear, Uncertainty and Doubt, ou « peur, incertitude et doute ») fait partie du quotidien du secteur crypto, où les fausses informations circulent à grande vitesse et finissent régulièrement reprises par les médias traditionnels. En août 2024, la rumeur d’une vente de 40 000 BTC par le gouvernement américain avait ainsi fait le tour du web avant d’être démentie. Pour endiguer le phénomène, la plateforme éducative Bitcoin Beyond 66 vient de dévoiler un nouvel outil.

    Un agent IA dédié aux critiques visant Bitcoin

    Baptisé The Bitcoin Evidence Base, ce projet open source est porté par la plateforme nordique Bitcoin Beyond 66, qui le présente comme un outil destiné à générer des réponses fondées sur des preuves face aux idées reçues sur l’impact environnemental de Bitcoin, sa consommation d’énergie et son rôle dans le système financier[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). L’environnementaliste pro-Bitcoin Daniel Batten, qui défend l’idée d’une part croissante d’énergies renouvelables et bas-carbone dans le minage, est associé au projet[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

    En pratique, l’utilisateur colle un commentaire issu des réseaux sociaux ou un lien vers une critique, puis l’outil renvoie une réponse adaptée au format X, LinkedIn ou Facebook[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud)[[3]](https://facts.bitcoinbeyond66.com/). Le moteur s’appuie sur plus de 22 études évaluées par des pairs, sur des rapports du Cambridge Centre for Alternative Finance et sur les données d’ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) (Electric Reliability Council of Texas, l’opérateur du réseau électrique texan).

    Parmi les références mobilisées, l’étude du Cambridge Centre for Alternative Finance publiée le 28 avril 2025 occupe une place centrale. Le rapport (dont on rappellera qu’il s’attaque frontalement au narratif dominant sur l’empreinte carbone du minage) établit que 52,4 % du minage de Bitcoin est désormais alimenté par des sources d’énergie durables, dont 9,8 % de nucléaire et 42,6 % de renouvelables comme l’hydroélectricité ou l’éolien, contre 37,6 % en 2022[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/). Le gaz naturel a remplacé le charbon comme première source fossile, passant à 38,2 % contre 25,0 % en 2022, tandis que le charbon a chuté de 36,6 % à 8,9 %[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/).

    « Preuves et empathie » : une riposte calibrée au FUD

    L’outil arrive dans un contexte saturé. Malgré la multiplication des recherches évaluées par des pairs sur les bénéfices environnementaux du minage, des données obsolètes, des études méthodologiquement faibles ou un simple manque de connaissance continuent de façonner négativement la perception publique[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Or, comme le note Bitcoin Beyond 66, peu d’internautes ont le temps de lire vingt-deux articles évalués par des pairs, des rapports de Cambridge et des données ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) avant de répondre à un thread sur X.

    D’où le pari de Bitcoin Beyond 66 : automatiser la riposte. L’outil applique le « playbook de communication » de Daniel Batten, qui mise sur deux ingrédients : des preuves et de l’empathie. Le principe consiste à reconnaître ce qui était fondé dans la critique avant de corriger les idées fausses, dans le but d’éduquer la personne et le public élargi plutôt que de chercher à gagner le débat[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Trois registres de réponse sont proposés selon l’audience visée : direct, équilibré ou doux[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

    L’approche tranche avec la culture de combat verbal qui domine les réseaux sociaux crypto. « Si vous essayez de “posséder” quelqu’un, vous déclencherez ses défenses et n’arriverez à rien »[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud), résume le groupe nordique.

    De leur côté, les mineurs eux-mêmes travaillent leur image. Au Canada, de plus en plus d’opérateurs basculent vers les énergies renouvelables, un mouvement de fond que les chiffres de Cambridge documentent à l’échelle mondiale : 75,4 % de l’activité reportée se concentre aux États-Unis et 7,1 % au Canada[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/), et environ 86,9 % du matériel de minage déclassé est revendu, réutilisé ou recyclé[[6]](https://cryptonews.com/news/bitcoin-minings-sustainable-energy-usage-rises-to-52-cambridge-study-finds/). De quoi alimenter, déjà, la base de connaissances du nouvel agent.