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Crypto au Royaume-Uni : la FCA ouvre la voie à la tokenisation des fonds

La Financial Conduct Authority (FCA), régulateur financier du Royaume-Uni, travaille depuis plusieurs années à l’encadrement des cryptomonnaies. Après une série de consultations publiques sur la régulation des cryptos, c’est désormais la tokenisation des fonds qui passe sur l’établi du régulateur britannique.

La FCA ouvre la voie aux fonds tokenisés

Ce jeudi 30 avril 2026, la FCA a publié un document de politique baptisé PS26/7. Le texte fixe les nouvelles règles et lignes directrices applicables aux fonds tokenisés outre-Manche.

L’objectif affiché est clair : faciliter l’usage des blockchains à l’intérieur du cadre des fonds réglementés, plutôt que de bâtir des structures expérimentales séparées. Pour la FCA, la tokenisation et la technologie des registres distribués (DLT, dont on rappellera qu’elle constitue la colonne vertébrale technique de l’industrie crypto) peuvent rendre la gestion d’actifs plus efficace.

Simon Walls, directeur exécutif des marchés à la FCA, défend cette orientation dans un communiqué publié le même jour. Selon lui, la tokenisation est appelée à jouer un rôle de premier plan dans la gestion d’actifs, et le régulateur a livré un cadre concret censé donner aux acteurs du marché la confiance nécessaire pour avancer.

Le document n’est pas tombé du ciel : il fait suite à la consultation CP25/28, ouverte le 14 octobre 2025. L’industrie britannique de la gestion d’actifs, qui pèse environ 16 500 milliards de livres sterling pour près de 2 600 sociétés, attendait ce texte pour cadrer ses propres expérimentations.

Les détails de la proposition de la FCA

Le PS26/7 autorise les sociétés de gestion à tenir le registre des investisseurs sur la blockchain via le modèle dit “Blueprint”. La FCA confirme que les registres de transactions on-chain peuvent servir de livres principaux pour les opérations sur les unités, sans imposer de double tenue hors chaîne complète, à condition de mettre en place des “plans de résilience appropriés”.

Le régulateur s’appuie ici sur une expérience déjà engagée : il a utilisé le Blueprint pour homologuer les premiers organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) tokenisés au Royaume-Uni. Conséquence pratique, les fonds autorisés peuvent désormais maintenir leur registre sur des réseaux DLT publics, sous réserve que leurs contrôles répondent aux normes de la FCA.

L’autre nouveauté du texte tient en trois lettres : D2F, pour “Direct-to-Fund”. Ce modèle de négociation, optionnel, fait du fonds ou de son dépositaire la contrepartie directe des transactions des investisseurs, à la place du gestionnaire. Les opérations se règlent en une seule étape, où les unités sont émises ou annulées contre du cash circulant directement entre l’investisseur et le fonds. La FCA y voit un gain d’efficacité opérationnelle et un alignement plus simple avec le règlement on-chain.

John Allan, directeur de l’unité innovation et opérations à l’Investment Association, salue pour sa part une avancée alignée avec les besoins de l’industrie, en particulier sur les modèles de chaînes publiques et l’usage d’outils numériques de cash pour les opérations courantes.

Le gouvernement britannique poursuit en parallèle son chantier global sur les cryptos. La FCA avait notamment publié en septembre dernier une consultation publique sur les règles de lutte contre le blanchiment d’argent, signe que Londres veut continuer à muscler sa position de hub financier sans laisser le secteur crypto hors des clous.

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