Volte-face spectaculaire pour le gourou de BitMEX.
Le 4 juin, Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX et directeur des investissements chez Maelstrom, a annoncé sur X qu’il venait de vendre l’intégralité de ses positions sur deux jetons : le HYPE de Hyperliquid et le NEAR de Near Protocol. Le problème ? Quelques jours plus tôt, il chantait encore leurs louanges. De quoi déclencher un torrent de critiques sur les réseaux sociaux.
Trois IPO de l’IA et un Trump anti-machines
Pour justifier ses ventes, Hayes invoque surtout des considérations macroéconomiques. D’abord la hausse des prix de l’énergie, liée selon lui à la guerre au Moyen-Orient et au restockage des inventaires, un vent contraire pour les actifs risqués comme les altcoins.
L’intelligence artificielle pèse aussi lourd dans sa décision. Hayes pointe trois « méga » introductions en bourse d’entreprises d’IA, attendues d’ici le début du troisième trimestre, susceptibles d’aspirer la liquidité hors des cryptomonnaies. Il n’a nommé personne, mais trois noms reviennent en boucle : Anthropic, OpenAI et SpaceX, tous trois sur la rampe de lancement pour une IPO cette année.
Dernier ingrédient de sa lecture : la politique américaine. Hayes anticipe que Donald Trump adopte une posture anti-IA pour offrir une victoire aux Républicains lors des élections de mi-mandat du 3 novembre. Un scénario qui frapperait des projets comme NEAR, positionné comme une blockchain « AI-native ».
« Je pense que les sommets de marché auront lieu entre maintenant et septembre. Il est temps de prendre ses profits », écrit Hayes, qui dit vouloir profiter de la vie « sans m’inquiéter de mes positions ».
Le revirement qui fait grincer des dents
C’était la sortie inattendue de la semaine : quelques jours avant cette annonce, Hayes se montrait encore franchement bullish sur les deux mêmes jetons. Dans une interview au podcast The Rollup publiée le 25 mai, il promettait au HYPE un cours « beaucoup, beaucoup plus haut ».
Ses arguments ne manquaient pas de relief. Hyperliquid aurait « réparé sa tokenomics » : pas de ventes pour les VC (les fonds de capital-risque), une allocation réservée à l’équipe, et la quasi-totalité des revenus reversée aux détenteurs du token. « Aucun autre projet ne fait ça à cette échelle », affirmait-il alors. Une lecture qui rejoignait celle de Bitwise, pour qui le marché sous-estime totalement HYPE.
Pour NEAR, Hayes voyait un potentiel de croissance multiplié par 20, porté par le rôle central des intents dans le récit autour de la confidentialité. Et tant qu’à faire, il accordait un potentiel x5 au ZCash. Le 22 mai, il qualifiait carrément HYPE, NEAR et ZEC de « sainte trinité ».
De la sainte trinité au procès en manipulation
On comprend, dès lors, la grogne. Plusieurs utilisateurs sur X ont accusé Hayes d’une stratégie de pump-and-dump : faire monter artificiellement le cours par des déclarations publiques, puis revendre dans la foulée. Vendre ses positions à peine quelques jours après les avoir publiquement portées aux nues, l’optique est rarement bonne.
Hayes promet des explications détaillées dans son prochain essai, attendu le 9 juin. En attendant, ceux qui ont misé sur le HYPE en suivant son enthousiasme, à l’heure où Hyperliquid attirait Wall Street avec son premier ETF, apprécieront la leçon : les analyses d’un magnat de l’investissement n’engagent que ceux qui les croient gravées dans le marbre.
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