La fin du calvaire ? Après une semaine sanglante pour le Bitcoin (BTC), Standard Chartered estime que le pire pourrait être derrière nous. Geoffrey Kendrick, le responsable de la recherche sur les actifs numériques de la banque, l’a écrit noir sur blanc dans une note à ses clients ce jeudi : le marché est entré dans la « buying zone ». Celle-là même que tout le monde attendait.
Le constat n’a rien de réjouissant pour autant. Au moment où nous écrivons, le BTC s’échange autour de 62 960 dollars, en baisse de 5,6 % sur la journée, 14 % sur la semaine, 22 % sur le mois écoulé et de plus de 40 % sur un an. L’Ether (ETH) ne va pas mieux, lâchant 6,5 % sur la journée et 26 % sur le mois, à environ 1 755 dollars.
« Cette semaine a été douloureuse dans la crypto. Il n’y a vraiment pas d’autre façon de le dire. Mais je pense que lorsque nous regarderons en arrière fin 2026 avec le BTC à 100 000 dollars et l’ETH à 4 000 dollars, nous dirons que c’était la buying zone que nous voulions tous », écrit Kendrick.
Ce qui a changé depuis février
La note de cette semaine répond directement à une autre, signée du même analyste le 12 février. À l’époque, Kendrick prévenait d’une « douleur et d’une capitulation finale » pour les actifs numériques, abaissant sa cible court terme à 50 000 dollars pour le Bitcoin et 1 400 dollars pour l’Ether. Nous avions suivi de près ces hypothèses de point bas tout au long de l’hiver.
La variable qui a basculé, selon lui, ce sont les avoirs des ETF Bitcoin spot. En février, il pointait une capitulation des ETF comme un risque baissier bien réel. Elle ne s’est pas produite. Les avoirs sont passés de 682 000 bitcoins à un pic, avant de retomber autour de 674 000. Quasiment plats sur la période. « Cela me dit que les avoirs des ETF sont structurellement plus solides que je ne le craignais en février », résume l’analyste. Un constat qui rejoint ce que Markus Thielen observait dès février sur la résilience apparente de ces produits.
Le facteur Strategy au cœur du rebond
La cause immédiate de la douleur de cette semaine ? La vente de 32 BTC par Strategy. Un timing malheureux qui, dixit Kendrick, « collait parfaitement à la thèse des détracteurs des DAT » (les Digital Asset Treasuries, ces entreprises qui détiennent du Bitcoin en trésorerie). La question, désormais : que va faire Strategy ensuite ?
L’analyste s’appuie sur un précédent historique. La dernière fois que Strategy a vendu du Bitcoin, le 22 décembre 2022 (704 BTC cédés pour de l’optimisation fiscale), l’entreprise en a racheté 810 deux jours plus tard à peine. Kendrick s’attend cette fois à une réponse bien plus agressive. Selon ses calculs, Strategy pourrait procéder à un rachat de 10 fois la quantité vendue, soit environ 320 BTC, voire 100 fois, autour de 3 200 BTC. La confirmation de ces achats constituerait un signal préliminaire que le plus bas a été inscrit.
Les liquidations et le risque résiduel sous 60 000 dollars
Kendrick replace aussi dans leur contexte les liquidations de futures de cette semaine, qui ont atteint près de 1,5 milliard de dollars. Une ampleur comparable à chacun des épisodes des 29-31 janvier et 3-6 février, qu’il traite comme des événements distincts. Le réservoir de positions longues vulnérables s’est réduit, argue-t-il, vu la façon dont le Bitcoin a si mal suivi les marchés actions depuis le début de l’année.
Il reconnaît cependant un risque baissier résiduel sous les 60 000 dollars. Cette zone des 60 000 dollars revient d’ailleurs comme un refrain : nous l’avions déjà identifiée en avril comme un support charnière où se jouait la validation d’un bottom.
« Il y a beaucoup de “si” dans tout cela, donc l’accumulation est une meilleure stratégie que de tenter de déclarer purement et simplement que le plus bas a été imprimé », tempère Kendrick.
La position colle à la lecture globale de la banque, restée constructive sur les actifs numériques. Kendrick a maintenu sa cible de 100 000 dollars pour le Bitcoin et de 4 000 dollars pour l’Ether en fin d’année, durant tout le repli récent. Fin mai, il avait même comparé l’évolution du prix de l’Ether à celle de l’action Amazon pendant l’éclatement de la bulle internet. Ses équipes pariaient alors sur les métriques onchain pour finir par rattraper le prix. Reste à savoir si Strategy dégainera son chéquier assez vite pour confirmer la thèse.
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