Crypto : la France desserre l’étau, Stripe avance, Hyperliquid change de terrain

Journée dense. Entre un recul législatif à Paris, une BCE qui laisse le coût de l’argent inchangé et des acteurs privés qui poussent plus loin l’intégration des stablecoins, le 30 avril a surtout raconté une même chose : la crypto continue de se frotter au monde réel, qu’il s’agisse de fiscalité, de paiements ou de marchés onchain. Ce récap remet les infos dans l’ordre de leur importance, avec les chiffres vérifiés au passage.

La France recule sur les wallets auto-hébergés

La commission mixte paritaire a supprimé la disposition qui aurait imposé une déclaration annuelle au fisc pour les portefeuilles crypto auto-hébergés de plus de 5 000 euros. Le sujet n’était pas anodin : le texte adopté début avril visait bien la simple détention sur un wallet en self-custody, sans attendre une cession taxable, ce qui aurait marqué un changement net dans la logique fiscale française. Pour les utilisateurs de Ledger, MetaMask ou Trezor, le répit est donc immédiat, même si le débat sur la traçabilité des avoirs crypto n’a évidemment pas disparu avec cet article supprimé.

La BCE maintient ses taux

La Banque centrale européenne a laissé ses trois taux directeurs inchangés le 30 avril, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux des opérations principales de refinancement à 2,15% et un taux de prêt marginal à 2,40%. Plusieurs sources évoquent bien une septième réunion consécutive sans changement, mais le chiffre de 2,15% avancé dans la brève du Slack correspond au taux principal de refinancement, pas au taux de dépôt qui reste la référence la plus suivie par les marchés. Pour le marché crypto, ce statu quo prolonge surtout un environnement monétaire plus lisible qu’au temps des hausses à répétition, même si la BCE souligne aussi une montée des risques sur l’inflation et la croissance en zone euro.

Les hacks nord-coréens pèsent déjà lourd

D’après TRM Labs, des groupes liés à la Corée du Nord concentrent 76% des pertes liées aux hacks crypto depuis le début de 2026, avec environ 577 millions de dollars volés à fin avril. Ce total provient principalement de deux attaques, contre Drift Protocol le 1er avril pour 285 millions de dollars et contre KelpDAO le 18 avril pour 292 millions, soit très peu d’incidents pour une part écrasante de la valeur dérobée. Et sur la période 2017-2026, TRM estime que les opérations attribuées à Pyongyang dépassent désormais 6 milliards de dollars, un chiffre qui suffit à rappeler que le cybercrime d’État n’a plus grand-chose d’un bruit de fond dans la crypto.

Stripe muscle sa trésorerie en stablecoins

Stripe a annoncé une extension de son offre Treasury permettant aux entreprises de détenir et gérer des fonds en devises fiat et en stablecoins, avec des paiements transfrontaliers couverts dans jusqu’à 160 pays via les rails stablecoins. La société met aussi en avant une carte de dépense associée avec jusqu’à 2% de cashback sur les achats éligibles, ainsi que des transferts instantanés entre entreprises Stripe aux États-Unis. Dit autrement, Stripe continue d’installer les stablecoins dans l’infrastructure de paiement quotidienne, loin des grands sermons sur “l’adoption”, avec un produit qui parle surtout aux trésoriers et aux équipes finance.

Hyperliquid teste HIP-4 pour les prediction markets

Hyperliquid teste actuellement HIP-4, une proposition qui permettrait à des utilisateurs de créer sur la plateforme des contrats perpétuels adossés à des événements du monde réel, comme une élection, une statistique macroéconomique ou un score sportif. Techniquement, l’idée consiste à faire entrer les prediction markets dans l’architecture de trading déjà utilisée par Hyperliquid, avec une gestion unifiée des positions et du collatéral depuis un même compte onchain. La cible est limpide : Polymarket et Kalshi, deux noms déjà bien installés sur ce créneau, même si Hyperliquid arrive avec une base de traders et une liquidité qui peuvent vite changer l’équation.

Fin de journée, donc, sans grand frisson macro mais avec plusieurs signaux concrets sur la manière dont la crypto s’insère, se régule et se dispute ses prochains marchés. Et pour une fois, le wallet auto-hébergé français échappe au formulaire de trop.

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