Désinformation chronique. Le FUD (Fear, Uncertainty and Doubt, ou « peur, incertitude et doute ») fait partie du quotidien du secteur crypto, où les fausses informations circulent à grande vitesse et finissent régulièrement reprises par les médias traditionnels. En août 2024, la rumeur d’une vente de 40 000 BTC par le gouvernement américain avait ainsi fait le tour du web avant d’être démentie. Pour endiguer le phénomène, la plateforme éducative Bitcoin Beyond 66 vient de dévoiler un nouvel outil.

Un agent IA dédié aux critiques visant Bitcoin

Baptisé The Bitcoin Evidence Base, ce projet open source est porté par la plateforme nordique Bitcoin Beyond 66, qui le présente comme un outil destiné à générer des réponses fondées sur des preuves face aux idées reçues sur l’impact environnemental de Bitcoin, sa consommation d’énergie et son rôle dans le système financier[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). L’environnementaliste pro-Bitcoin Daniel Batten, qui défend l’idée d’une part croissante d’énergies renouvelables et bas-carbone dans le minage, est associé au projet[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

En pratique, l’utilisateur colle un commentaire issu des réseaux sociaux ou un lien vers une critique, puis l’outil renvoie une réponse adaptée au format X, LinkedIn ou Facebook[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud)[[3]](https://facts.bitcoinbeyond66.com/). Le moteur s’appuie sur plus de 22 études évaluées par des pairs, sur des rapports du Cambridge Centre for Alternative Finance et sur les données d’ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) (Electric Reliability Council of Texas, l’opérateur du réseau électrique texan).

Parmi les références mobilisées, l’étude du Cambridge Centre for Alternative Finance publiée le 28 avril 2025 occupe une place centrale. Le rapport (dont on rappellera qu’il s’attaque frontalement au narratif dominant sur l’empreinte carbone du minage) établit que 52,4 % du minage de Bitcoin est désormais alimenté par des sources d’énergie durables, dont 9,8 % de nucléaire et 42,6 % de renouvelables comme l’hydroélectricité ou l’éolien, contre 37,6 % en 2022[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/). Le gaz naturel a remplacé le charbon comme première source fossile, passant à 38,2 % contre 25,0 % en 2022, tandis que le charbon a chuté de 36,6 % à 8,9 %[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/).

« Preuves et empathie » : une riposte calibrée au FUD

L’outil arrive dans un contexte saturé. Malgré la multiplication des recherches évaluées par des pairs sur les bénéfices environnementaux du minage, des données obsolètes, des études méthodologiquement faibles ou un simple manque de connaissance continuent de façonner négativement la perception publique[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Or, comme le note Bitcoin Beyond 66, peu d’internautes ont le temps de lire vingt-deux articles évalués par des pairs, des rapports de Cambridge et des données ERCOT[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud) avant de répondre à un thread sur X.

D’où le pari de Bitcoin Beyond 66 : automatiser la riposte. L’outil applique le « playbook de communication » de Daniel Batten, qui mise sur deux ingrédients : des preuves et de l’empathie. Le principe consiste à reconnaître ce qui était fondé dans la critique avant de corriger les idées fausses, dans le but d’éduquer la personne et le public élargi plutôt que de chercher à gagner le débat[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud). Trois registres de réponse sont proposés selon l’audience visée : direct, équilibré ou doux[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud).

L’approche tranche avec la culture de combat verbal qui domine les réseaux sociaux crypto. « Si vous essayez de “posséder” quelqu’un, vous déclencherez ses défenses et n’arriverez à rien »[[1]](https://cointelegraph.com/news/bitcoiner-launches-the-bitcoin-evidence-base-to-stamp-out-fud), résume le groupe nordique.

De leur côté, les mineurs eux-mêmes travaillent leur image. Au Canada, de plus en plus d’opérateurs basculent vers les énergies renouvelables, un mouvement de fond que les chiffres de Cambridge documentent à l’échelle mondiale : 75,4 % de l’activité reportée se concentre aux États-Unis et 7,1 % au Canada[[1]](https://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge-study-sustainable-energy-rising-in-bitcoin-mining/), et environ 86,9 % du matériel de minage déclassé est revendu, réutilisé ou recyclé[[6]](https://cryptonews.com/news/bitcoin-minings-sustainable-energy-usage-rises-to-52-cambridge-study-finds/). De quoi alimenter, déjà, la base de connaissances du nouvel agent.

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