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Oobit lance des cartes Visa réservées aux agents IA, alimentées en USDT
Donner une carte bancaire à un bot. Voyons ce que cela donne quand l’idée passe du laboratoire au produit grand public. La fintech Oobit, financée par Tether, lance les Agent Cards : des cartes Visa virtuelles dédiées aux agents IA, alimentées en USDT, et bardées de garde-fous pour empêcher un script ivre de cliquer sur tout ce qui bouge.
Une carte crypto par bot, avec un mors dans la bouche
Le principe tient en peu de mots. Chaque agent IA reçoit une seule carte virtuelle, attachée à des plafonds définis par catégorie marchande, par commerçant et par transaction. Pas de carte bis, pas de contournement possible : si le bot tape au-dessus de la limite, le paiement saute. Les opérations validées comme refusées sont consignées et restituées dans des rapports automatisés.
« La vérité, c’est que personne n’a résolu le problème de la responsabilité pour les paiements autonomes », explique Amram Adar, cofondateur et CEO d’Oobit, dans des propos rapportés par The Block. Cas-école : un agent commande quinze litres de café à 3 heures du matin par erreur d’inférence. Qui paie la note ? Qui assume juridiquement ? Oobit répond par la traçabilité : chaque carte produit un journal complet, et les plafonds servent de coupe-circuit avant l’incident.
Tether et Oobit, un attelage qui ne doit rien au hasard
Le choix du cours du Tether comme rail de paiement n’est pas une coïncidence. Tether, qui a mené en 2024 le tour de Série A de 25 millions de dollars d’Oobit aux côtés d’Anatoly Yakovenko (Solana), de CMCC Global et de 468 Capital, est aussi l’actionnaire majoritaire de la fintech. Conséquence pratique : règlements en stablecoin sans détour par la conversion fiduciaire, frais réduits, latence comprimée.
Sur l’infrastructure, on rappellera qu’Oobit s’appuie sur sa propre couche de paiement décentralisée, DePay, qui connecte des wallets non-custodial au réseau Visa et à ses plus de 150 millions de marchands à l’échelle mondiale. La promesse : faire dépenser un agent IA partout où une carte Visa est acceptée, sans que le commerçant ne change quoi que ce soit à son terminal.
La course aux paiements agentiques bat son plein
Oobit n’avance pas sur un terrain vierge. La semaine du lancement a vu OKX dégainer son Agent Payments Protocol (APP), un standard ouvert pour permettre à des agents IA de négocier, payer, mettre des fonds en escrow et gérer les litiges sur plusieurs blockchains, dont Ethereum et Solana. Coinbase pousse son protocole x402 (qui réveille le code HTTP 402 « Payment Required » resté en sommeil pendant deux décennies) avec plus de 100 millions de transactions cumulées et un volume annualisé d’environ 600 millions de dollars selon Cryptopolitan.
Visa Crypto Labs a sorti en mars un outil en ligne de commande qui permet à des bots de payer sans gérer de clés API. Stripe charge déjà les agents IA en USDC sur Base via le protocole x402. Mastercard a déployé ses Agentic Tokens sur l’infrastructure d’Apple Pay. Côté startups, Crossmint a levé 23,6 millions de dollars en 2025 auprès de Ribbit Capital, Franklin Templeton et Lightspeed Faction pour proposer un headless checkout qui contourne les CAPTCHAs.
McKinsey estime le commerce agentique entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars de revenus mondiaux d’ici 2030. Le marché des agents IA pèse déjà entre 8,8 et 10,9 milliards de dollars en 2026, avec des projections à 46 milliards de dollars de transactions IA-vers-IA dans les trois ans.
Du contrôle, pas de la magie
Que les sceptiques se rassurent : Oobit ne vend pas l’autonomie absolue de demain, mais l’outillage de la transition. Adar le concède d’ailleurs sans détour : « Avec le temps, à mesure que le e-commerce s’adaptera, les agents fonctionneront entièrement seuls. Nous construisons pour ce moment-là. » En attendant, l’humain reste dans la boucle, par les plafonds qu’il fixe et les rapports qu’il consulte. Donner une carte à un bot ne signifie pas lui remettre les clés du coffre, ce qui, sur un marché où 92 % des transactions x402 ont disparu entre décembre 2025 et mars 2026, est probablement la posture la plus saine.
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