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Oobit lance des cartes Visa réservées aux agents IA, alimentées en USDT

Adossée à Tether, la fintech Oobit lance les Agent Cards : des cartes Visa virtuelles réservées aux agents IA. Ponctionnées sur un solde en USDT, plafonnées et tracées à la transaction près, elles entendent répondre à un casse-tête bien concret : qui assume la responsabilité quand un bot fait les courses ?

Une carte par bot, et zéro contournement possible

Le mécanisme tient en quelques règles strictes. Une carte par agent (jamais deux), un solde en USDT débité directement sans repasser par une conversion en monnaie fiduciaire, et un plafond de dépenses paramétrable par catégorie, par marchand et par transaction. Aucun mode « override » : pas de porte de sortie pour gonfler un budget en cours d’exécution, et pas de validation humaine à demander en boucle non plus.

Chaque opération, validée ou refusée, est enregistrée avec un motif lisible par un humain et déversée dans un rapport de notes de frais automatisé. Les Agent Cards intègrent aussi une couche compatible Stripe, ce qui permet à un agent de gérer un abonnement, de régler un fournisseur ou de cadencer une facturation récurrente. Le tout fonctionne partout où Visa est accepté, soit chez plus de 150 millions de marchands. Cela en fait l’une des premières cartes crypto ouvertement pensées pour des utilisateurs non humains.

La responsabilité, terre encore en friche

« La vérité, c’est que personne n’a résolu le problème de la responsabilité pour les paiements autonomes », a déclaré Amram Adar, CEO d’Oobit, à The Block. La phrase n’est pas anecdotique. Coinbase et OKX, deux exchanges majeurs, ont déjà déployé des outils de dépense pour bots, et l’agentic commerce avance à grandes enjambées. Mais la question juridique, elle, reste largement ouverte.

Qui paie en cas d’achat fautif ? Qui rembourse une dépense hors politique ? Qui répond d’un agent qui aurait sauté un garde-fou ? Ni la réglementation européenne ni les frameworks nord-américains n’ont encore tranché. Adar pousse pourtant sa logique plus loin : « Avec le temps, à mesure que le e-commerce s’adaptera, les agents fonctionneront entièrement seuls. Nous construisons pour ce moment-là. »

Tether en actionnaire majeur, l’écosystème en arrière-plan

Le calendrier tombe à pic. Visa a lancé sa propre brique pour le commerce agentique, baptisée Intelligent Commerce Connect, début avril, et Mastercard a déployé Agent Pay courant 2025. Côté crypto, Coinbase pousse son protocole x402, Stripe co-pilote MPP avec Tempo, et Crossmint distribue déjà des cartes virtuelles aux agents IA. Oobit arrive sur un terrain qui se peuple vite, avec un argument propre : la dépense en USDT, sans aller-retour vers le dollar fiat, vers une banque, ni vers une plateforme de change.

L’autre angle, c’est l’actionnariat. Tether reste le principal actionnaire d’Oobit, ayant mené le tour de Série A à 25 millions de dollars en 2024. Et l’éditeur du USDT possède aussi une participation majoritaire dans VCI Global, la société malaisienne qui a annoncé un investissement de 100 millions de dollars en tokens OOB pour gérer la trésorerie d’Oobit.

Le maillage va loin. La même fintech avait déjà débloqué plus tôt cette année les transferts vers n’importe quel compte bancaire dans le monde, via le routeur DTR racheté entretemps par Bakkt. Une infrastructure qui s’appuie sur des wallets non-custodiaux et qui dialogue avec les rails bancaires SEPA, ACH ou PIX.

Reste à voir si l’argument du tout-USDT séduira des trésoriers d’entreprise habitués à des outils plus classiques. Dans un secteur où chaque acteur prétend offrir le bon arbitrage entre autonomie et contrôle, la traction réelle dépendra moins du marketing produit que de la capacité d’Oobit à tenir bon sur la promesse de traçabilité, le jour où le premier litige tombera.

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