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Crypto : un descendant de Cartier condamné à 8 ans de prison pour avoir blanchi 470 millions de dollars

La justice américaine vient de condamner Maximilien de Hoop Cartier, descendant de la célèbre famille de joailliers français, à huit ans de prison pour avoir opéré une plateforme d’échange de cryptomonnaies sans licence. L’affaire montre les risques liés aux transactions non régulées et aux dérives criminelles qui se développent dans le secteur crypto.

Un réseau de blanchiment à 470 millions de dollars

Maximilien de Hoop Cartier a plaidé coupable d’avoir exploité un service d’échange de cryptomonnaies dépourvu d’autorisation, qui a permis de blanchir plus de 470 millions de dollars issus du trafic de drogue. Selon le communiqué du procureur fédéral du district sud de New York, Cartier s’est appuyé sur un réseau de sociétés écrans basées aux États-Unis et sur plus d’une douzaine de comptes bancaires pour acheminer ces fonds jusqu’en Colombie.

Pour faire tourner le dispositif, Cartier aurait trompé les institutions financières en présentant ses sociétés comme des éditeurs et des développeurs de logiciels. Dans les faits, ces coquilles vides ne servaient qu’à recevoir et à faire transiter l’argent du trafic de drogue et d’autres produits d’activités criminelles.

Une condamnation à la hauteur de la mécanique criminelle

Outre sa peine de prison, Cartier a été condamné à restituer environ 2,36 millions de dollars, soit le montant des commissions qu’il a empochées pour son rôle dans ce circuit de blanchiment. Le tribunal a également ordonné la confiscation de plusieurs comptes bancaires impliqués dans le stratagème.

Cette condamnation fait suite à une enquête ouverte dès 2021, lors de laquelle quelque 937 000 dollars issus du trafic de drogue avaient déjà été saisis sur les comptes des sociétés écrans de Cartier. À l’époque, ce dernier avait tenté de négocier avec les autorités en affirmant que ses entreprises disposaient de procédures anti-blanchiment et de connaissance du client (KYC) parfaitement opérationnelles. Les procureurs ont depuis établi que ces affirmations étaient mensongères et que les documents produits pour les étayer étaient des faux.

Le cas Cartier n’est pas isolé. En France, la justice a récemment mis en examen 88 personnes, dont 10 mineurs, dans des enquêtes portant sur des enlèvements et des extorsions visant des détenteurs de cryptomonnaies. Ces poursuites se rattachent à 12 procédures judiciaires en cours.

La condamnation de Maximilien de Hoop Cartier illustre les dangers que font peser les plateformes d’échange non régulées. Aux États-Unis comme en France, les poursuites visant les usages criminels de la crypto se multiplient.