Nouveau coup de canif dans l’organigramme de la Ethereum Foundation. Deux chercheurs, Carl Beek et Julian Ma, viennent d’annoncer leur départ, venant gonfler la liste déjà fournie des figures techniques parties depuis le début de l’année.
D’après les annonces publiées le 19 mai 2026, Carl Beek quittera officiellement la fondation le 29 mai, refermant sept ans de présence au sein de l’organisation. Julian Ma, lui, plie bagage après environ quatre années passées à la recherche fondamentale du protocole.
Deux profils techniques au cœur du protocole
Le poids des deux départs tient moins à leur ancienneté qu’aux dossiers qu’ils portaient. Carl Beek s’était imposé comme l’une des voix techniques sur le Beacon Chain, la couche de consensus qui orchestre le Proof-of-Stake d’Ethereum depuis The Merge.
Julian Ma travaillait pour sa part sur des chantiers nettement plus prospectifs : FOCIL (Fork-Choice enforced Inclusion Lists), un mécanisme destiné à renforcer la résistance à la censure au niveau du protocole, et des travaux sur l’accélération des confirmations côté Layer 2. Deux sujets qui occupent une place centrale dans la feuille de route à moyen terme du réseau.
Les départs de Carl Beek et Julian Ma s’inscrivent dans une vague plus large de sorties au sein de la Ethereum Foundation en 2026, avec au moins huit départs notables recensés cette année.
Une saignée qui pose question
Pris isolément, le départ d’un chercheur après plusieurs années n’a rien d’anormal dans une organisation à but non lucratif. Mais l’accumulation des sorties depuis le début de l’année change la lecture : la Ethereum Foundation a vu partir au moins huit profils seniors en quelques mois, dont plusieurs étaient identifiés publiquement à des briques essentielles du protocole.
Si la fondation insiste depuis plusieurs trimestres sur un repositionnement stratégique, avec un recentrage assumé sur certains axes de recherche au détriment d’autres, la concentration des départs dans le temps interroge la capacité de l’organisation à conserver son capital humain sur les dossiers techniques de fond. Les chercheurs partis ne disparaissent d’ailleurs pas du domaine : la plupart rejoignent des équipes adjacentes, qu’il s’agisse de clients d’exécution, d’équipes Layer 2 ou de structures de recherche indépendantes.
Reste à observer la manière dont la fondation comblera les trous laissés sur le Beacon Chain et sur les travaux liés à FOCIL. Ces deux sujets ne tolèrent ni interruption ni passage de relais bâclé, et leur avancement conditionne en partie les prochaines mises à jour majeures du réseau.